Un satellite européen vient de tester la technique du filet à débris. Après avoir planché pendant des années pour imaginer comment ramasser ces déchets spatiaux, les ingénieurs sont arrivés au stade où ils testent leurs idées. Et c'est ce qui vient de se passer.

RemoveDebris a testé pendant des semaines la technique du filet pour récupérer les déchets spatiaux tels que satellites désactivés, ou des composants largués lors des mises en orbite d'engins.
RemoveDebris a testé pendant des semaines la technique du filet pour récupérer les déchets spatiaux tels que satellites désactivés, ou des composants largués lors des mises en orbite d'engins. © Esa

Il y a aujourd'hui 1 600 satellites en orbite autour de la terre. A l'avenir on parle  de 5 à 10 fois plus en raison de l'arrivée de constellations, ces centaines de petits satellites de télécommunications qui seront lancés dès la fin de cette année.

Résultat, il faut faire le ménage dans l'espace quand ces engins arrivent en fin de vie. Un satellite européen vient donc de faire une première tentative avec un filet récupérateur. 

Un grand filet, comme à la pêche

L'expérience qui vient d'être réalisée est en fait la première d'une série de 12. Le satellite éboueur lancé depuis la station spatiale internationale a , pour capturer un débris, projeté un filet de 5 mètres de diamètre sur un nanosatellite flottant dans l'espace à quelques mètres de là. 

RemoveDEBRIS a été conçu, construit et fabriqué par un consortium de sociétés spatiales, dont Airbus, et d'institutions de recherche.  Cela parait simple de dire que l'on lance un filet, comme les bateaux de pêche en mer, mais la complexité de l’utilisation d’un filet dans l’espace a nécessité de six années de recherche et de test .

Dans les mois à venir, RemoveDEBRIS testera davantage de technologies comme un système de navigation basé sur la vision qui utilise des caméras et la technologie LiDaR pour analyser et observer les débris potentiels; la première technologie de capture de harpon utilisée en orbite ; et une voile qui amènera RemoveDEBRIS dans l’atmosphère terrestre où elle sera détruite, et mettra donc fin à sa mission.  

Près de 8 000 tonnes de déchets à ramasser

Le Space Surveillance Network des États-Unis suit 40 000 objets et on estime qu’il y a plus de 7 600 tonnes de «débris spatiaux» autour de l’orbite terrestre, certains se déplaçant plus rapidement qu’une balle, approchant les 48 000 km/h. 

L'expérience a fonctionné. D'ici quelques mois, le satellite éboueur testera d'autres techniques :  le harpon, le bras robotique, la voile notamment. L'idée est de valider ce qui est le plus pertinent.

Au delà de la réussite technique, il faut financer cette nouvelle activité spatiale qui  se profile : le ramassage des déchets s'avère indispensable lors de la fin de vie des engins en orbite. On peut imaginer des remorqueurs spatiaux proposant un service tout inclus. 

Pour les constellations qui seront bientôt lancées dans l'espace, jusqu'à 1000 engins en orbite en même temps, l'autre idée  est de mettre une poignée sur les satellites pour les récupérer plus facilement.

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