Une équipe scientifique japonaise publie dans une revue scientifique prestigieuse ses résultats concernant la possibilité de cloner un jour un mammouth laineux, dans le but de faire revivre cette espèce disparue il y a 10 000 ans. Les résultats attestent de la difficulté de l'entreprise.

Yuka, bébé mammouth de 28 000 ans
Yuka, bébé mammouth de 28 000 ans © AFP / Kazuhiro Nogi

C'est presque de l'acharnement ! Cloner un mammouth pour le faire revivre. Une équipe japonaise se consacre à ce projet depuis le début des années 2000. Même si ses résultats ne sont pas à la hauteur des espoirs, les travaux continuent. En atteste la toute dernière livraison de Scientific Reports où Akira Hiritani annonce des "signes d'activité biologique pour des noyaux de cellules de mammouth de 28 000 ans". Un titre qui dit toutes les limites de l'expérience.

Des progrès, encore loin d'être suffisants

Ces chercheurs ont extrait des cellules de Yuka, un bébé mammouth découvert en 2013 dans le sol gelé de Sibérie. L'animal est connu pour être l'un des mieux conservés de tous ceux extraits du pergélisol depuis 1999. De ses cellules, les chercheurs ont extrait les noyaux pour les injecter dans des cellules sexuelles de souris. Ici la souris sert d'outil de laboratoire. Car l'idée était de montrer que les cellules de Yuka étaient capables de se diviser, la division étant la première étape de la reproduction.

Il ne s'est rien passé de tel. Pas de division cellulaire, ce qui n'empêche pas l'équipe d'affirmer que cinq cellules ont montré des signaux biologiques d'activité. Il s'agit de signature de protéines visibles dans les noyaux, ce qui, selon le paléontologue Régis Debruynes du Muséum National d'Histoire Naturelle, n'est pas réellement convaincant. Certes, les progrès des outils d'observation ont permis de voir ces morceaux de protéines dans les noyaux de cellules mais "en aucun cas, cela ne montre que la fonction de ces cellules est restaurée", ajoute le scientifique, familier de Yuka.

Une majorité de scientifiques contre l'idée

Depuis la première extraction d'un mammouth du permafrost de Sibérie (le mammouth Jarkov en 1999 par Bernard Buygues), l'idée du clonage fait rêver ou fantasmer nombre de personnes. Au Japon et en Corée, des chercheurs sont devenus spécialistes de la technique de clonage et leurs progrès leur laissent espérer que faire revivre l'espèce disparue il y a 10 000 ans sera un jour possible. Aux États-Unis, Georges Church, de l'université de Harvard, table sur un hybride éléphant/mammouth. Il envisage un utérus artificiel pour l'amener à terme.

Dans le monde pourtant, une majorité de paléo-généticiens se sont prononcés contre l'idée de faire renaître les espèces disparues. Leurs travaux visent avant tout à mieux comprendre la biologie de ces grands mammifères et à élucider leur disparition.

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