La fédération française de pneumologie alerte les femmes fumeuses sur un nombre croissant de cas d'affection pulmonaire chronique dégénérative, la BPCO, qui touche aujourd'hui 2,5 à 3 millions de personnes en France.

Les femmes sont d'autant plus vulnérables à la BPCO si elles fument depuis l'adolescence.
Les femmes sont d'autant plus vulnérables à la BPCO si elles fument depuis l'adolescence. © AFP / Claudio Bresciani / TT NEWS AGENCY / TT News Agency

A l'occasion du mois sans tabac, la fédération française de pneumologie veut sensibiliser les femmes sur la BPCO, ou Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive. Derrière ce nom barbare qui touche entre 2,5 et 3 millions de personne, se cache une maladie chronique dégénérative, caractérisée par de l'essoufflement et une obstruction des voies aériennes, des affections qui peuvent très handicapantes. 

Selon la FFP, le tabac est le premier responsable de la BPCO. Et comme les femmes fument de plus en plus, la maladie les frappe de plus en plus : il y a 20 ans, 20 % des patients suivis pour BPCO étaient des femmes ; aujourd'hui c'est 40 %.  

Les femmes qui fument depuis l'adolescence plus fortement touchées

Frédérique, 47 ans, est une enfant des années 70. Ses parents fumaient dès le petit-déjeuner, dans la voiture aussi et elle-même a fumé dès l'adolescence sans discontinuer jusqu'à ses 38 ans. Jusqu'à ce fameux matin, où, au réveil, elle n'a plus trouvé son souffle. 

"Une façon de passer à la caisse après des années de tabagisme"

"J'étais très mal, avec l'impression que l'air n'allait pas au fond [de mes poumons] et j'avais vraiment le sentiment que j'avais quelqu'un qui était assis sur ma poitrine, qui ne voulait pas se lever" raconte l'ancienne fumeuse. 

Ce n'était pas la première fois qu'elle subissait une telle crise respiratoire. Mais ce matin-là, ça a été "encore plus fort", assez pour lui faire prendre conscience de la gravité de son état de santé : "Les médecins ne m'ont pas culpabilisée mais moi je me suis sentie coupable parce que c'était pour moi une façon de passer à la caisse après des années de tabagisme."

Loin du cliché du vieux fumeur septuagénaire qui tousse et qui crache, la BPCO peut frapper des jeunes femmes. La maladie les atteint d'autant plus frontalement que ces femmes fument depuis l'adolescence et seraient plus vulnérables que les hommes à cette maladie.

Maladie sous-diagnostiquée

La pneumologue Maeva Zysman rappelle que les femmes fument de plus en plus. "On sait qu'avant il y avait un tiers de fumeuses, maintenant c'est près de la moitié des fumeurs qui sont des femmes." 

Des femmes qui "ont très probablement une sensibilité [plus forte] avec des bronches plus petites, plus irritables que les hommes". Et qui doivent prendre garde aux moindres signes de troubles respiratoires : "L'essoufflement c'est vraiment le premier symptôme, surtout chez la femme, et pour confirmer cela, il faut faire une mesure de souffle."

Les pneumologues insistent aussi sur le fait que la maladie est sans doute sous diagnostiquée chez les femmes, parce que la BPCO a longtemps été essentiellement masculine. En présence d'essoufflement, beaucoup de médecins pensent d'abord à l'asthme. Mais dans des pays comme les États-Unis et l'Australie, la BPCO concerne déjà plus de femmes que d'hommes.

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