De la fièvre, des maux de têtes, des frissons. Lors de la seconde injection de vaccin contre le Covid-19, des douleurs peuvent se faire ressentir. "Si on a des symptômes, c'est parce que notre système immunitaire s'est mis en marche", explique un spécialiste.

Une jeune femme reçoit une dose du vaccin Pfizer-BioNtech dans un centre de vaccination, à Garlan, en Bretagne, le 31 mai 2021.
Une jeune femme reçoit une dose du vaccin Pfizer-BioNtech dans un centre de vaccination, à Garlan, en Bretagne, le 31 mai 2021. © AFP / Fred Tanneau

D’une simple rougeur au bras à la fièvre qui cloue au lit : le spectre des douleurs et des effets secondaires des vaccins à ARN messager contre le Covid-19 est large. Pour certains, car ce n'est pas une généralité, la seconde dose s'est révélée être un calvaire, une véritable claque, bien plus que la première. Avoir de la fatigue, un mal de crâne, des douleurs musculaires, des frissons et même de la fièvre sont des réactions fréquentes. La peau peut également gonfler et une rougeur apparaître à l’endroit de la piqûre. 

Est-ce des cas rares ? Est-ce une "légende urbaine" comme nous l'affirmait cette semaine un médecin généraliste qui vaccinait des patients au Stade de France ? Y-a-t-il plus de symptômes grippaux à l'occasion de la seconde dose ? Que disent les études menées, notamment par Pfizer BioNTech, avant la mise sur le marché de leur vaccin ? 

"Bonjour les effets secondaires pour la 2e"

Sur Twitter, les témoignages faisant état d'effets secondaires plus rudes à l'occasion de la deuxième dose sont légion :

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Des "réactions plus importantes lors de la deuxième dose"

Depuis le début de la campagne de vaccination, l’Agence nationale de sécurité du médicament a relevé en France, tous vaccins confondus, 41 173 cas d’effet indésirables. Dans 74 % des cas, ce sont des effets secondaires jugés "non grave", d’après son dernier bulletin en date, le 27 mai. Pour le vaccin Pfizer par exemple, sur les 26 698 000 de doses injectées au 27 mai, 22 233 effets indésirables sont recensés. Ces chiffres sont un indicateur et sont à prendre avec des pincettes. Tous les patients vaccinés ayant eu des effets secondaires ne se sont pas forcément signalés.

Dans l’une de ses fiches destinées aux professionnels de santé, l’ANSM prévenait dès le mois de décembre :

Les réactions systémiques, et particulièrement de la fièvre, de la fatigue et des maux de tête, sont plus importantes lors de l’administration de la deuxième dose par rapport à la première dose.

La conclusion de l’ANSM est similaire concernant le vaccin Moderna

Un note de l'agence du médicament américaine, le Food and Drug Administration (FDA) pointe des effets plus importants lors de la deuxième dose : "Il est important que les personnes qui se sont vues administrer le vaccin s'attendent à ce qu'il puisse y avoir des effets secondaires après l'une ou l'autre dose, mais encore plus après la deuxième dose."

Que disent les études ?

Entre le 14 décembre 2020 et le 28 février 2021, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américain ont mené l’une des premières grandes enquêtes sur les effets secondaires, après la vaccination avec Pfizer et Moderna. Ces résultats montrent que les patients ont ressenti plus d'effets lors de la deuxième dose. Par exemple, 47,8% des vaccinés ont ressenti de la fatigue après la deuxième dose de Pfizer contre 29,1% lors de la première. Et 40% ont ressenti un mal de crâne après la deuxième contre 24% lors de la première.

En Australie, la AusVaxSafety, l’équivalent de l’ANSM, a questionné 140 000 habitants totalement vaccinés dans le pays. 47,3% d’entre eux ont été fatigués après la seconde dose Pfizer, contre 21% lors de la première. 37,1% ont eu mal à la tête, là aussi, deux fois plus de patients sont concernés.

Pfizer BioNTech est le premier vaccin anti-covid autorisé, le 11 décembre 2020. Quand on décrypte les essais cliniques avec attention, 47,4% des patients de 18 à 55 ans vaccinés avec la première dose ressentent de la fatigue. Ils sont près de 60% après la seconde injection. Il en est de même pour les maux de tête, les frissons, l’écart entre les deux doses est significatif. 

"C'est lié à l'activation du système immunitaire"

"Si on a tous ces symptômes, c'est que notre système immunitaire est efficace et en action", souligne Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie au CHU de Bordeaux, joint par France Inter. 

La fièvre, les maux de tête, la fatigue, ce sont des réactions systémiques, notamment lors de la seconde dose. C'est lié à l'activation du système immunitaire. On peut avoir de la diarrhée, une grande fatigue, mais ces effets sont de courte durée et d'une intensité modérée.

"À part la douleur au point d'injection, on a tous les symptômes inflammatoires qu'on pourrait avoir avec la maladie, mais de manière très atténuée, c’est extrêmement moins intense. La raison : un vaccin reproduit l'inflammation, avec ses symptômes. Si on a quelques douleurs, c’est que notre organisme se prépare pour le jour où il verra la maladie pour de vrai", précise-t-il. 

Thèmes associés