Voici une vérité essentielle qu’il est utile de conscientiser, pour développer une nouvelle relation au végétal, une meilleure approche d’un monde qui se révèle fascinant et généreux. Pour partager avec nous sa passion des plantes, François Couplan était l’invité de l’émission «  Grand Bien vous fasse ».

Les plantes communiquent entre elles et aussi avec nous, humains !
Les plantes communiquent entre elles et aussi avec nous, humains ! © Getty / Muhammad Purnomo / EyeEm

Dans son émission Grand Bien vous fasse du lundi 25 mai 2020, Daniel Fiévet reçoit François Couplan, auteur de nombreux ouvrages sur les plantes et en particulier, son dernier opus : Ce que les plantes ont à nous dire, publié aux éditions Les Liens qui libèrent.

Sillonnant la planète, cet ethnobotaniste de renom se trouve à l’origine du renouveau de l’intérêt porté aux plantes comestibles et médicinales en France et de par le Monde. 

Avec pédagogie et enthousiasme, François Couplan nous exhorte à redéfinir notre rapport à la Nature et, en particulier, aux plantes qui, selon lui, ont subi un rejet socio-historique, désaffection non fondée puisque le végétal est tout de même à la base de l’alimentation et du vivant, que l’on soit végétarien ou pas, avec, entre autres, la fonction chlorophyllienne génératrice d’oxygène.

Vous connaissez certainement la soupe d'orties ou la salade de pissenlits, mais peut-être aurez-vous plaisir et intérêt à découvrir quelques autres des 1 600 espèces que François Couplan s’est plu à dénombrer dans toute l'Europe

L'essayiste, philosophe et poète, Ralph Waldo Emerson, ami de Henry David Thoreau, disait :

Il n’y a pas de mauvaises herbes, il y a des plantes dont on ne connaît pas les propriétés.

… et François Couplan, d’ajouter à cette sage appréciation : « dont on ne connaît PLUS les propriétés ! » 

Consommer des plantes sauvages

François Couplan apporte un éclairage intéressant sur cette lacune de notre mémoire patrimoniale. En effet, il semblerait que pour des raisons socio-historiques, dès le Moyen-Âge, « les plantes sauvages aient été dévalorisées et ne fassent plus partie de la nourriture habituelle ».

Avant tout, on se nourrit de symboles.

Le clivage de la société, d’une part les riches et d’autre part, les pauvres, a scindé également les ressources alimentaires : les riches pouvaient se payer les services d’un jardinier et cultiver ainsi des espèces transformées par le génie humain. 

Les populations de condition modeste, vivant à la campagne aussi pour des raisons économiques, continuaient de se nourrir d’orties, de pissenlit ou autres plantes sauvages, mais, petit à petit, toute cette culture populaire attachée aux vertus des plantes a sombré dans l'oubli.

Gravure d’un livre de botanique illustrée (1886)
Gravure d’un livre de botanique illustrée (1886) © Getty / Bauhaus 1000

"Pourtant, se nourrir de végétaux cultivés et d’animaux élevés pour cela est très récent dans l’Histoire humaine" rappelle François Couplan, qui donne quelques chiffres à l’appui : "90 % de la production agricole mondiale concerne seulement une vingtaine d’espèces végétales, et si nous connaissons une trentaine de fruits et légumes, ce sont des dizaines et des dizaines d’espèces qui nous entourent dans la Nature, et qui sont tellement plus intéressantes en micronutriments". 

L’Organisation Mondiale de la Santé alerte depuis longtemps sur le fait que la plupart des humains sont carencés en vitamine C, en fer, en sels minéraux, en oligo-éléments, en flavonoïdes et en antioxydants. L’ethnobotaniste précise que : « Nous, Occidentaux, même si nous mangeons des produits biologiques, sommes carencés ».

Spécialiste de l’alimentation par les plantes, François Couplan précise qu’effectivement, les plantes à l’état sauvage, sont extrêmement riches en micronutriments, ces substances que nous ne pouvons pas synthétiser et qui sont pourtant essentielles au bon fonctionnement de notre organisme. 

  • Pour exemple, l’ortie est très riche en protéines, elle est équilibrée en acides aminés et ses feuilles sont riches en provitamine A et en vitamine C (huit fois plus que le citron !). Sur la chaîne YouTube du Chemin de la Nature, vous pouvez consulter cette courte vidéo très instructive en ce qui concerne cette plante, hélas, très mal considérée :
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Les plantes sauvages constituent une source extraordinaire de micronutriments, mais elles permettent aussi, en situation d’épidémie, d'augmenter la capacité de notre corps à s'adapter aux différents stress, quelles que soient leurs origines. On parle de plantes adaptogènes, et François Couplan d’ajouter que, selon lui : 

Nous, humains, sommes faits pour manger des plantes sauvages. 

Tisanes, infusions ou décoctions, alcools ou apéritifs, assaisonnements, plats cuits ou salades, sirop ou confits, glaces ou sorbets, confitures ou gelées, il existe mille façons d’accommoder les plantes sauvages, qu’il est important, préalablement, de bien identifier.

Certaines plantes sont des versions sauvages de légumes courants comme les poireaux et les asperges sauvages. Beaucoup de plantes sauvages s'utilisent comme des légumes, comme les feuilles de bourrache ou de pissenlit.

À la rencontre des plantes sauvages 

Au-delà de la consommation de plantes sauvages, et de l’encouragement à nous soigner grâce aux plantes médicinales, François Couplan nous exhorte à nous interroger sur notre rapport au monde végétal, à reconsidérer cet anthropocentrisme qui gâche notre relation avec le vivant et les plantes

Le monde végétal est fascinant, je l’explore depuis toute une vie sans cesser un instant de m’en émerveiller. 

Le botaniste nous encourage à développer notre connaissance des plantes, décrites dans les herbiers ou les livres de botanique, mais aussi à les regarder, les contempler au fil des saisons, à les sentir, les toucher et à les ressentir, en un mot, à les fréquenter comme des êtres vivants, ce qu’elles sont ! 

N’hésitant pas à parler de "relation amoureuse" avec les plantes, François Couplan nous propose " de découvrir les extraordinaires secrets des plantes et la longue et tumultueuse relation que nous entretenons avec elles, une aventure commune qui façonne son histoire depuis la nuit des temps", pour peu que nous soyons capables de garder cet émerveillement, cette soif de découverte et cette humilité devant tant d’ingéniosité d'une Nature si généreuse. 

L’idée simple, que développe l’ethnobotaniste dans son dernier livre au titre très explicite, Ce que les plantes ont à nous dire, est que nous avons tout à gagner, pour notre santé, mais aussi pour notre sensibilité et notre bonheur, à rencontrer vraiment les plantes qui communiquent avec nous depuis toujours.

Une riche bibliographie

Outre son dernier ouvrage, Ce que les plantes ont à nous dire, évoqué dans l'émission, François Couplan, spécialiste des utilisations traditionnelles des plantes sauvages et cultivées, qu'il a étudiées sur les cinq continents, a énormément publié. 

Son ouvrage remarquable, Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées, publié chez Delachaux & Niestlé, dans la collection Les Guides du Naturaliste, est une bible, tant pour les amateurs de botanique mais aussi pour tous ceux qui souhaitent connaître la valeur nutritive des plantes ! 

La collaboration entre François Couplan et le cuisinier étoilé Marc Veyrat a donné naissance à L'Herbier Gourmand, un plaisir pour les yeux et les papilles, et tous les moyens de reconnaître 50 plantes et de les utiliser dans 100 recettes étonnantes. Un véritable herbier à emporter en balade nature.

En presque 40 ans, l'ethnobotaniste a publié 85 ouvrages différents sur les plantes sauvages comestibles, la cuisine sauvage, la nature et d'autres aspects liés aux relations entre l'homme et les végétaux.

À la rencontre des plantes sauvages

Pour apprendre à reconnaître les plantes sauvages, il existe de nombreux sites, en voici une courte sélection :

Vous pouvez suivre la chaîne YouTube Le Chemin de la Nature, d’un autre botaniste de terrain, Christophe de Hody, qui propose une série de courtes vidéos pour vous permettre d’identifier les plantes sauvages, les arbres, mais aussi les champignons et vous apprendre à les consommer en toute sécurité.

Vous pouvez rejoindre la communauté virtuelle Tela Botanica. Cette plateforme MOOC compte plus de 50 000 botanistes en herbe, si je puis dire, et assure aussi des cours en ligne très accessibles et gratuits.

Réécouter l’émission Grand Bien vous fasse, du lundi 25 mai 2020, animée par Daniel Fiévet et avec, comme invité, François Couplan.

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