Finalement, après de nombreuses tergiversations, les Etats-membres de l'Union européenne ont voté pour le renouvellement de l’autorisation d’utilisation du glyphosate, herbicide soupçonné d'être cancérigène, pour cinq années supplémentaires. La France plaidait pour son interdiction rapide.

Monsanto  a été la première entreprise à commercialiser le glyphosate.
Monsanto a été la première entreprise à commercialiser le glyphosate. © AFP / Alexandros Michailidis

Les pays de l'Union européenne ont donc voté lundi en faveur du renouvellement pour cinq ans du glyphosate. Une surprise, à trois semaines de la date d'expiration de la licence actuelle accordée à cette molécule, l'un des composants essentiels de l'herbicide Roundup. 

En effet, depuis mai 2015 et son classement comme "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer, organe de l'OMS, le doute n'était plus permis quand au caractère pour le moins nocif du produit phare de Monsanto. 

► (RE)VOIR | Le documentaire Le Roundup face à ses juges de Marie-Monique Robin, diffusé sur ARTE

Les 18 pays qui ont voté ce lundi pour le renouvellement représentent 65,7% de la population de l'Union. C'est notamment le vote positif de l'Allemagne, qui a entraîné dans son sillage l'approbation de la Pologne, de la Bulgarie et de la Roumanie, qui a fait basculer le scrutin.

Au risque de chagriner ses partenaires, à commencer par la France, opposée à une reconduction de l'autorisation d'un herbicide qui représente 25% du marché mondial. Faute de pouvoir interdire le glyphosate à court terme, le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Travert, choisit de "travailler au changement des pratiques agronomiques".

Il faut faire en sorte que nous puissions saisir les instituts techniques, mobiliser la recherche et l'innovation. 

Du côté des associations, on ne décolère pas. 

"En accordant un sursis supplémentaire à Monsanto, Bayer et compagnie, la Commission européenne balaie le principe de précaution et la santé du revers de la main, de même que la voix des millions de citoyens qui ne veulent plus de l'herbicide le plus controversé de la planète", dénoncent la Ligue contre le cancer, Générations futures et Foodwatch dans un communiqué. 

De son côté, l’association Greenpeace parle d'une décision scandaleuse et pointe le changement de positionnement de l'Allemagne, abstentionniste jusqu'ici. Pour l'ONG, la France doit se saisir du problème et "mettre en place un plan de transition pour les agriculteurs français, avant la fin du quinquennat".

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