Une opération de mise en lumière de la grotte Chauvet, menée par EDF, permet d’éclairer aussi sur la façon dont nos ancêtres pouvaient voir leurs peintures murales.

Pour savoir quels étaient les points de la grotte les mieux situés pour voir les peintures de la grotte Chauvet, les ingénieurs se sont appuyés sur les technologies de réalité virtuelle mises en œuvre par EDF.
Pour savoir quels étaient les points de la grotte les mieux situés pour voir les peintures de la grotte Chauvet, les ingénieurs se sont appuyés sur les technologies de réalité virtuelle mises en œuvre par EDF. © Radio France / Fondation EDF

De la grotte Chauvet, l'une des plus anciennes grottes d'art pariétal préhistorique, on sait beaucoup de choses. Que les hommes qui ont gravé et peint dans cette cavité souterraine étaient là il y 37.000 ans, qu'ils avaient une maîtrise artistique exceptionnelle et qu'ils ont - à dessein - choisi certains supports rocheux plutôt que d'autres. Ces deux dernières années, grâce à un logiciel issu des centrales nucléaires, on sait à quel endroit la visibilité des oeuvres était la meilleure.

Lors de la maintenance des centrales nucléaires, pour préparer les déplacements des ouvriers, EDF a conçu des outils numériques, notamment des reconstitutions virtuelles. Logiciels, modèles, outils de calcul...ont été transposés à la grotte Chauvet. Seul moyen de compenser les contraintes de la conservation: il est impensable d'éclairer au projecteur les oeuvres, et le temps d'étude est limité à 200 h par an. D'où le travail sur support virtuel.

Jean-François Hullo est chercheur à EDF : "Les installations industrielles d'EDF sont très complexes d'un point de vue navigation humaine, mémoire spatiale, et un certain nombre nombre de travaux avaient été fait sur des visites virtuelles, en 3D, destinées à des gens devant intervenir dans des centrales. Ces outils développés par EDF ont donc été proposé pour être utilisé dans d'autres environnements, comme la Grotte Chauvet".

Mieux positionner le spectateur

Désormais, les préhistoriens savent où, avec leur torche ou leur lampe à graisse, les hommes préhistoriques se positionnaient pour voir l'une des 447 représentations de bisons, ours ou chevaux...En somme, les meilleurs points de vue.

Jean Michel Geneste, responsable de l'étude scientifique : "La définition de distance de la perception nous a permis de positionner le spectateur dans la grotte".

On a réalisé qu'on ne voyait pas les oeuvres très très loin, mais avec une torche, à 4, 5, 6 m, et on a enfin situé les oeuvres à l'échelle de l'observateur

Les spécialistes de la perception ont aussi mis en évidence qu'à une faible distance, certaines parties de la grotte ne pouvaient être vues dans leur ensemble mais plutôt par pans successifs, au fur et à mesure de la déambulation. Il semblerait donc que c'est pour privilégier certains points de vue que les hommes préhistoriques ont choisi certains endroit de la grotte, quitte à préparer le support pour que le dessin accroche mieux.

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