Céline Berthié, jeune médecin qui exerce en Gironde, va être entendue par son conseil départemental de l'ordre ce jeudi. Cette convocation résulte d'une plainte du syndicat des homéopathes qui l'accuse d'avoir manqué de "confraternité" en dénonçant publiquement au printemps ses confrères qui pratiquent l'homéopathie.

Entre la médecine classique et l'homéopathie, le torchon brûle.
Entre la médecine classique et l'homéopathie, le torchon brûle. © AFP / GARO / Phanie

Cette jeune médecin généraliste de 36 ans risque un blâme, voire une radiation, comme quelques dizaines d'autres médecins qui passeront eux aussi pour les mêmes raisons devant leur conseil de l'ordre dans les semaines qui viennent.

A l'origine du conflit, il y a cet appel paru dans le Figaro en mars dernier, signé par une centaine de professionnels de santé. Il accusait l'homéopathie de ne pas reposer sur des bases scientifiques et de ne pas avoir fait la preuve de son efficacité. Le terme de "charlatan" y était lâché. 

Des médecins comme eux

Les homéopathes n'ont pas supporté, d'où cette plainte du SNMHF, leur syndicat, comme l'explique sa vice présidente Christine Bertin-Belot 

Ils n'ont pas utilisé le terme de diseurs de bonne aventure mais c'était quasiment ça. Ils ont leur opinion, d'accord, ça fait 220 ans qu'on entend les détracteurs de l'homéopathie. Mais déconsidérer comme ça des médecins, qui sont des médecins comme eux, qui ont fait les mêmes études qu'eux, c'est invraisemblable.

La plainte du syndicat vise à faire passer aux confrères l'envie de recommencer. Céline Berthié, qui sera auditionnée ce jeudi n'a pourtant aucun regret.

Installée depuis deux ans en zone rurale, elle ne renie rien de ses propos. Elle le fait, dit-elle, pour le bien de ses patients. 

On constate en cabinet la montée des pseudo sciences, la montée de l'obscurantisme en santé. Si l'on veut pouvoir être crédible contre les thérapies non prouvées, qui peuvent faire du mal aux gens, il faut que nous aussi médecins, on ne s'appuie que sur des choses prouvées.

Elle n'a donc pas de regret mais de l'inquiétude car au terme de la procédure, elle risque une sanction. Si c'est le cas, dit-elle, elle fera appel. Sur le fond, le conseil de l'ordre refuse de se prononcer, prétextant qu'il n'en a pas l'autorité scientifique. Il préfère attendre les conclusions de la haute autorité de santé, qui doit se prononcer dans quelques mois sur le sujet.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.