La Cour des comptes a publié ce jeudi son rapport annuel 2021 consacré pour une large part à la gestion de la crise sanitaire. Parmi les problèmes, la Cour pointe le recul des capacités d'hospitalisation en soins critiques en regard des besoins.

La Cour des comptes étrille les politiques de santé de ces dernières années, qui n'ont pas, d'après elle, suffisamment investi en lits et en personnels dans les services de réanimation
La Cour des comptes étrille les politiques de santé de ces dernières années, qui n'ont pas, d'après elle, suffisamment investi en lits et en personnels dans les services de réanimation © Radio France / Catherine Grain

Dans son rapport public annuel, la Cour des comptes étrille les politiques de santé de ces dernières années qui n'ont pas, d'après elle, suffisamment investi en lits et en personnels dans ces services. D'où un manque de lits chronique, que cette crise aigüe met d'autant plus en lumière. 

Au 1er janvier 2020, il y avait 5 080 lits de réanimation en France. En déprogrammant massivement, on a pu doubler cette capacité au 15 avril mais à quel prix !

La Cour des comptes pointe le fait que le nombre de lits au départ n'était pas suffisant. Depuis 2013, ce nombre de lits n'a augmenté que de 0,17% par an, c'est dix fois moins que la progression, dans le même temps, du nombre de personnes âgées qui constituent pourtant les deux tiers des patients accueillis dans ces services. 

Reconnaître les compétences infirmières

Si on avait accompagné correctement cette progression, on aurait attaqué la crise avec près de 6 000 lits disponibles. La Cour déplore des inégalités territoriales et surtout des difficultés de recrutement : pas assez de médecins, des effectifs infirmiers marqués par un turn-over très élevé, des conditions de travail éprouvantes, un manque de reconnaissance.

Les effectifs sont calculés au plus juste, résultat, dès qu'il y a surchauffe, on n'a pas de volant de sécurité. C'est une gestion à flux tendu qui s'explique notamment par le modèle de financement de l'hôpital : les charges augmentent, et les tarifs diminuent. Ouvrir un lit supplémentaire, c'est creuser le déficit.

Tout ça est donc à revoir, estime la Cour qui appelle aussi à une meilleure reconnaissance des compétences infirmières, ainsi qu'à une réévaluation du nombre de lits nécessaires pour tenir compte du vieillissement de la population.