Quinze jours après le début du déconfinement, le Covid-19 ne repart pas en France. Il n'y a, pour l'instant, aucun frémissement à la hausse des indicateurs.

Tous les indicateurs que nous publions vont dans le même sens: il n'y a pas pour l'instant aucun prémisse d'une deuxième vague
Tous les indicateurs que nous publions vont dans le même sens: il n'y a pas pour l'instant aucun prémisse d'une deuxième vague © Maxppp / Clement Tiberghien/PHOTOPQR/NICE MATIN

Quinze jours après le début du confinement, comment évolue la courbe des nouveaux cas de Covid-19 en France ? Sent-on un frémissement dans la courbe des nouvelles hospitalisations ? Comment se portent les admissions en réanimation ? Bref, la reprise des activités humaines et économiques, et la multiplication des contacts qu'elle induit, provoque-t-elle un durcissement de l'épidémie en France ?

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a prévenu qu'il fallait s'attendre à une deuxième vague. Mais pour l'instant, tous les indicateurs que nous avons examinés vont dans le même sens : il n'y a, dans les données publiques qui sont à notre disposition, aucun prémice d'une deuxième vague. Au contraire, tous les chiffres sont à la baisse.

Certes, ces chiffres doivent être pris avec des pincettes. Entre le moment où une personne se fait contaminer et le moment où elle ressent les premiers symptômes qui peuvent l'amener à se faire connaître (parce qu'elle s'est fait tester ou parce qu'elle est hospitalisée), il se passe forcément un laps de temps. Mais, d'une part, les quinze jours qui nous séparent du début du déconfinement permettent de commencer à appréhender ce qui s'est passé aux alentours du 11 mai et d'autre part, comme nous l'avions montré dans cet article, le confinement a effectivement commencé à se relâcher bien avant cette date officielle.

Le nombre des cas de Covid en baisse

Commençons par le commencement. Le nombre de cas de Covid dépistés est un indicateur très relatif. Il dépend très fortement du nombre des tests réalisés. Et il est très variable en fonction des jours de la semaine : il y a une sous-déclaration le week-end et une sur-déclaration les jours de la semaine. Néanmoins, alors même que le nombre de tests pratiqués est en hausse en France, le nombre de nouveaux cas n'augmente pas. Et, si on fait une moyenne lissée sur huit jours, pour éviter le biais lié aux week-ends, on se rend compte que le nombre de nouveaux cas est au plus bas.

Il n'y a jamais eu aussi peu de nouveaux cas de Covid, chaque jour, en France que lors de ces huit derniers jours. Il y a eu, en moyenne, 360 nouveaux cas de Covid en France au cours de la semaine passée. Voici comment évolue, chaque jour, la courbe liée au nombre de nouveaux contaminés :

Les hospitalisations au plus bas 

Le nombre des nouvelles hospitalisations est un meilleur indicateur dans la mesure où il ne dépend pas du nombre de tests réalisés. Le nombre des personnes hospitalisées partout en France pour Covid constitue une donnée tangible qui donne une photographie de là où en est l'épidémie. Or depuis le début de la crise, la moyenne des nouvelles hospitalisations par jour n'a jamais été aussi faible que lors des huit derniers jours. Voici le nombre des nouvelles hospitalisations, chaque jour, pour Covid-19 en France :

Moins de 40 admissions en réanimation par jour

Depuis le début de la crise, les admissions en réanimation sont scrutées par les autorités sanitaires. Fin avril, de nombreux services réa ont été submergés de malades et il a fallu l'aide de pays étrangers, et le transfèrement d'un certain nombre de malades d'une région à l'autre en France, pour que les services hospitaliers français ne soient pas dépassés. Si l'on s'en tient aux chiffres, cette période semble bien lointaine. Sur les huit derniers jours, il y a eu en moyenne 39 nouvelles admissions en réanimation par jour pour des cas de Covid 19. Un record à la baisse à comparer aux 750 admissions quotidiennes au plus fort de la crise. 

Tous ces indicateurs, qui sont au vert en France et dans la plupart des pays européens, amènent un certain nombre d'experts à penser qu'il n'y aura pas de deuxième vague. Vendredi, un infirmier qui exerce dans un laboratoire parisien et qui fait des tests sérologiques à la chaîne, s'étonnait ainsi : "Il y a trois semaines on a avait des tests positifs, maintenant on n'en a plus jamais...". Ce n'est qu'une photo. Tout cela reste à confirmer dans les jours qui viennent. Il faudra voir ensuite si ces chiffres ont tendance à repartir à la hausse à l'automne.

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