Pour la première fois une greffe a été réalisée sur 95% du corps d'un homme. C'est l'équipe du service des grands brûlés de l'hôpital Saint-Louis qui a réalisé cet exploit.

Pour que la greffe soit envisagée, il faut que la zone receveuse soit bien vascularisée et ne présente pas de suintements ou d'infections.
Pour que la greffe soit envisagée, il faut que la zone receveuse soit bien vascularisée et ne présente pas de suintements ou d'infections. © AFP / Guo guoquan / Imaginechina

Un homme très gravement brûlé à la suite d'un accident professionnel et qui avait peu de chance de survivre, a été sauvé grâce à une greffe réalisée avec la peau de son frère jumeau. De la peau a été prélevée sur le corps du frère au niveau du cuir chevelu, du dos et des cuisses. Cette peau a été étirée selon un procédé d'extension puis greffée dans la foulée à la victime.   

Quatre mois après l'intervention, les deux jumeaux vont bien

Cet homme de 33 ans, brûlé sur la quasi totalité du corps, était condamné à mort. Le service des grands brûlés a alors appris qu'il avait un frère jumeau et décidé, avec son accord, de tenter le tout pour le tout. Seule une greffe totalement compatible pouvait le sauver. Il a d'abord fallu enlever la peau brûlée, qui est un poison pour le corps, avant que les deux équipes se lancent. 

Comme l'explique le Professeur Maurice Mimoun, chef de service de chirurgie plastique et traitement chirurgical des brûlés de l’hôpital Saint Louis à Paris : "C'est une double intervention, avec d'un côté une équipe qui excisait, préparait la zone à greffer, et l'autre qui prélevait le frère. La première zone qu'on a prélevée, qui ne laisse pas de marque, c'est le cuir chevelu. Ce n'est pas douloureux, et surtout on peut prélever plusieurs fois car ça cicatrise très vite. Ensuite on prélève le dos, parce que la peau est épaisse, et les cuisses."

Un petit seau où il y avait la peau magique

"Une fois que le prélèvement a été fait, on s'est déplacé d'un bloc opératoire à l'autre avec un petit seau où il y avait la "peau magique". On a prélevé trois fois le jumeau, ce n'est pas rien d'accepter de donner sa peau. Ça n'a pas été facile, il a fallu quatre mois et demi pour réaliser toute cette opération, mais on était tous très heureux de sauver un homme qui devait mourir."  

Pour obtenir une plus grande surface de peau, on l'étire grâce à une machine. La couverture du corps n'est pas totale mais les zones intermédiaires entre les parties greffées, se régénèrent et cicatrisent d'elles mêmes. Grâce à ce capital génétique identique entre jumeaux, le greffé n'a même pas besoin de traitement anti rejet. Quatre mois et demi après l'intervention, le brûlé est suivi en hôpital de jour, il marche et poursuit sa rééducation. Son frère jumeau a quelques cicatrices mais aucun regret...

Le Professeur Maurice Mimoun, fait le récit complet de l'intervention au micro de Danielle Messager : 

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