Plus ancienne boisson alcoolisée au monde et l'une des plus consommées après l'eau et le thé, la bière existe depuis des millénaires. Jusqu'alors, on la datait du quatrième millénaire avant notre ère. Mais une toute nouvelle découverte, en Israël, recule l'invention du fameux breuvage.

Cette découverte d'instruments de brassage de bière pose l'hypothèse du développement de la culture céréalière dans la région du croissant fertile. (Illustration)
Cette découverte d'instruments de brassage de bière pose l'hypothèse du développement de la culture céréalière dans la région du croissant fertile. (Illustration) © Getty / Jose Luis Raota

Pour l'équipe d'archéologues américains et israéliens qui fouillent la caverne de Raqefet, au sud de Haifa, c'est la plus ancienne trace de production d'alcool au monde. Un alcool qui est assez proche de notre bière actuelle, fermenté quoique moins fort.

Et cela semble dater de 13 000 ans. Le site fouillé est une ancienne sépulture des hommes et des femmes du Natoufiens, un des premiers groupes sédentaires qui a vécu là entre 12 500 et 10 000 ans avant notre ère. 

Dans la grotte, les chercheurs ont trouvé trois petits mortiers creusés dans la roche de 40 à 60 cm de profondeur. Deux d'entre eux servaient à stocker le grain, de l'épeautre et de l'orge, le troisième à le faire fermenter. 

La bière comme boisson de cérémonies et autres activités sociales

Selon Dani Sadel, l'un des auteurs de l'étude publiée dans The journal of archeological science, le breuvage était apparemment lié à des cérémonies et d'autres formes d'activités sociales

Cette brasserie est antérieure de plusieurs millénaires aux débuts de la culture domestiques de céréales au proche Orient. Les Natoufiens font le lien entre paléolithique et néolithique, entre chasseurs-cueilleurs et agriculteurs. 

Cette innovation technique décortiquée par les scientifiques et reconstituée montre que le troisième mortier servait à la fois à piler des végétaux et à brasser le breuvage, dans lesquels on trouvait des traces de légumineuses et des fibres de lin.

Est-ce pour faire de la bière que quelque temps plus tard, dans cette partie de la méditerranée on va cultiver des céréales ? En tous cas, on doit le développement de l'agriculture céréalière aux Natoufiens, peuples encore semi nomades du croissant fertile, jusqu'à preuve du contraire.

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