En Charente, des chercheurs ont découvert des dents humaines modifiées par des sucs gastriques. La preuve, selon eux, que notre ancêtre était un met apprécié des hyènes des cavernes.

L'exposition "Neandertal l’européen" au musée d'histoire naturelle de Lille (mai 2014)
L'exposition "Neandertal l’européen" au musée d'histoire naturelle de Lille (mai 2014) © Maxppp / Max Rosereau

On pensait avoir trouvé des dents de veau, il s'agissait en fait de dents humaines. Nous sommes en Charente, à Marillac-le-Franc, là où des hommes de Neandertal avaient installé une sorte de "boucherie" dans des grottes souterraines. "Les chasseurs néandertaliens arrivaient dans ce gisement, ils amenaient des carcasses de rennes et ils les dépeçaient", explique Bruno Maureille, paléoanthropologue au laboratoire PACEA du CNRS à Bordeaux.

La hyène des cavernes, bête féroce ou charognard ?

Parmi les fossiles retrouvés sur place, donc, ces deux dents : "On a pu reconnaître qu'il s'agissait de dents néandertaliennes, explique le paléoanthropologue. Elles présentaient une modification de leur forme qui les faisait ressembler à des dents de lait, à des incisives de bovidés." Selon les chercheurs, qui viennent de publier dans PALEO le résultat de leurs travaux, ces deux dents présentent des morphologies étranges parce qu'elles ont été ingérées, probablement par la hyène des cavernes qui occupait le territoire, il y a 60 000 ans. Les dents auraient donc été attaquées par des sucs gastriques, puis vomies ou déféquées sur place par l'animal. D'où leur présence au milieu des autres restes.

Reste à savoir si les hyènes attaquaient directement les hommes de Neandertal, ou si l'animal agissait en simple charognard. En clair, le propriétaire des dents était-il mort quand ses ratiches se sont retrouvées dans l'estomac du carnivore ? "Notre hypothèse, ici, pour expliquer la présence de restes humains est que les Néandertaliens ont traité certains de leurs contemporains comme ils ont traité les rennes, explique encore Bruno Maureille. Nous avons proposé l'hypothèse d'une forme de cannibalisme pour expliquer la collection de vestiges humains qu'il y a dans ce gisement." L'homme de Neandertal aurait donc pu être mangé en parties par ses congénères avant d'être dévoré par les hyènes.

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