Les six spationautes de la Station spatiale internationale font face à un problème de taille : les deux toilettes à leur disposition sont tombées en panne. Une avarie qui pourrait faire sourire mais qui est loin d’être un détail pour l’équipage de l’ISS.

Une astronaute italienne indique le fonctionnement des toilettes de l'ISS, dans une vidéo de 2015.
Une astronaute italienne indique le fonctionnement des toilettes de l'ISS, dans une vidéo de 2015. © ISS / ESA

Ce n’est pas très ragoutant, mais soyons clair, le sujet est essentiel. Comme tout le monde, les spationautes doivent aussi aller aux WC et cette mission devient délicate lorsque ceux de la Station spatiale internationale sont en rade. C’est le cas en ce moment : d’après le rapport de l’italien Luca Parmitano, commandant de l’expédition en cours, dans ses récents échanges avec le centre de contrôle de la NASA, plus aucun des toilettes de l’ISS ne fonctionne et les astronautes sont obligés d’utiliser des “emballages jetables”. 

Comme l’explique l’agence russe RIA Novosti, les deux modules sont en panne ; celui du module russe Zvezda est inutilisé pour des “dysfonctionnement constants” et l’autre, dans le module américain Tranquility, en raison d’une “alarme de réservoir surchargé”. 

En secours, les spationautes peuvent aussi utiliser les toilettes de Soyouz, la navette amarrée à la station, avant d’en arriver à l’extrême solution des couches, utilisées lors des sorties dans l’espace. 

Comment ça marche ?

Comme vous l’imaginez, faire ses besoins dans l’espace, ce n’est pas aussi évident que sur Terre, comme le montre cette vidéo réalisée par une astronaute de la Station spatiale internationale. Dans la bande dessinée qui raconte l’expédition de Thomas Pesquet dans l’ISS, dessinée par Marion Montaigne, on le voit d’ailleurs apprendre le fonctionnement des toilettes spatiales, le ISS Waste Collector System. 

Lors de cette préparation, le spationaute a par exemple pu s’entraîner “à viser droit” grâce à une caméra, car le trou des WC est “extrêmement étroit”. En effet, le trou des toilettes spatiales ne fait que 10 centimètres de diamètre, soit deux fois moins qu’une cuvette normale. 

S’ajoute à cela, la difficulté qu’ajoute l’apesanteur et l’absence de gravité dans la tâche en question. Les WC spatiaux sont d’ailleurs munis d’un petit aspirateur et même d’un “rétroviseur” pour éviter les “échappées”, comme le décrit délicatement la bande dessinée de Thomas Pesquet. Par ailleurs, tandis que l’urine est recyclée et rendue potable au bout de plusieurs jours, chaque membre de l’équipage doit s’occuper manuellement de ses déchets solides.

Des pannes régulières

Dès le deuxième jour de son séjour dans l’espace, en 1016, Thomas Pesquet avait dû réparer les toilettes. En février, les astronautes avaient fait face à une importante fuite d’eau de ces même toilettes. 

Enfin, en 2008, les toilettes étaient tombées en panne mais l’équipage n’avait pas pu réparer la pièce défectueuse. Impossible d’appeler un plombier, la pièce de remplacement avait dû être livrée par le biais de la navette Discovery.   

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