Spiral2, l’accélérateur de particules le plus performant du monde, est inauguré ce jeudi à Caen. Ce nouvel instrument doit notamment permettre de percer les secrets de l’atome.

François Hollande lors de l'inauguration de l'accélérateur à Caen
François Hollande lors de l'inauguration de l'accélérateur à Caen © Maxppp / Franck Castel

François Hollande inaugure ce jeudi à Caen Spiral2, un grand accélérateur national d'ions lourds, plus couramment appelé Ganil. Un équipement de recherche de pointe en physique nucléaire commun au CNRS et au CEA destiné à produire de façon artificielle des noyaux dits "exotiques", issus d'atomes à la base de toute matière, qu'elle soit vivante ou inerte. Ces noyaux d’atomes instables, nés dans la fournaise des étoiles, ont la particularité de ne pas exister sur terre. Il faut donc un accélérateur pour les produire et ainsi pénétrer les mystères de la matière.

De la recherche aux mystères de l'Univers

D’une manière générale, Spiral2 (acronyme de "Système de production d’ions radioactifs accélérés en ligne de 2e génération") visera à étudier le noyau atomique, soit le cœur de l’atome, pour observer le déséquilibre entre le nombre de protons et de neutrons et comprendre ainsi les forces nucléaires en jeu. Sur terre, 300 noyaux atomiques stables sont connus à l'état naturel. En laboratoire, dans des accélérateurs de particules comme celui de Caen, on en a produit 2.800. Il en reste 5.000 à trouver. La densité du faisceau d'ions de Spiral2 est 10 à 100 fois supérieur à ce qui existe aujourd'hui, la machine va donc permettre d'en découvrir de nouveaux.

Cet accélérateur de particules "positionne la France dans le top 5 des installations de physique nucléaire", explique Julien Piot, chercheur au CNRS.

Il s'agit d'un domaine important pour la recherche fondamentale. C'est aussi ce a permis la génération de nouvelles technologies.

En médecine, par exemple, c'est ainsi qu'ont été créés des radioéléments servant à diagnostiquer les cancers ou à traiter les tumeurs de façon ciblée, sans toucher les tissus autour, comme le fait la radiothérapie. C'est également grâce à l'accélérateur de particules qu'on a pu produire des composés électroniques résistants dans l'espace.

En dehors de réalisation d’expériences inédites en physique et en astrophysique nucléaires, seront donc menées à Spiral2 des recherches appliquées pluridisciplinaires, dans les domaines de la santé (radiothérapie, diagnostic et recherche biomédicale), des matériaux pour la microfiltration (membranes pour l’agroalimentaire et la santé), de l’électronique et de l’aérospatiale.

Les premières expériences sur Spiral2 seront menées durant le second semestre 2017. 700 chercheurs du monde entier y travailleront ponctuellement.

►►► ALLER PLUS LOIN | VIDÉO du CEA sur la recherche en physique nucléaire

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