Si vous voyez la vie en rose lorsqu'il/elle vous prend dans ses bras et qu'il/elle vous parle tout bas…. C’est sans doute parce que votre cerveau vient de vous envoyer une bonne dose de phényléthylamine. L’amour est une question d’alchimie, certes, mais aussi de chimie hormonale.

L'amour est aussi une question de chimie hormonale.
L'amour est aussi une question de chimie hormonale. © Getty

Vous l’avez croisé à la machine à café. Chez des amis. Dans le bus. En faisant du sport. Peu importe, c’est LA rencontre. Vous le savez puisque ça a fait Bim, Bam, Boum! Et depuis il/elle hante vos pensées.

Si vous croyez aux contes de fées vous pouvez arrêter là votre lecture. Sinon, allons voir ce qu’il se passe à ce moment-là dans notre cerveau et plus spécialement du côté de l’hypothalamus puisque c’est lui qui secrète les hormones qui nous intéressent aujourd’hui.

Nous commençons ce périple avec la phényléthylamine (ou PEA). Notre cerveau la fabrique lorsque nous sommes attiré(e)s physiquement par l’autre. Elle agit comme les amphétamines : On perd l'appétit et le sommeil. Elle provoque l'euphorie, la bonne humeur, l'optimisme, l'hyperactivité et enlève l’inhibition. 

C'est l'hormone naturelle de l'amour et du bonheur. 

A noter pour plus tard : on la retrouve (en petite quantité) dans le chocolat …

Une rencontre, c’est mieux qu’un voyage dans le temps. On a de nouveau 15 ans (sans l’acné, ni l’appareil dentaire). En revanche on peut être affligé d’une certaine forme de myopie. Les défauts de l’autre sont miraculeusement comme floutés.... On les trouverait même adorables. Une cécité qui peut durer quelques jours, voire quelques mois. 

Ce phénomène étrange est également dû à une hormone, mais à un manque, en l’occurrence. Lorsque l’on tombe amoureux, la sérotonine baisse. Or c’est l’hormone qui nous permet d'avoir un esprit critique !

Le club des rimes en -ine

Dopamine, lulibérine, ocytocine et autres endorphines...

Tous les plaisirs procèdent du même principe, la hausse du débit d’une substance “stupéfiante” qui vient inonder le cerveau

Et la première de ces substances que décrit le professeur Michel Reynaud, psychiatre et addictologue et auteur de L’amour est une drogue douce...en général, c’est la dopamine.

La dopamine, c’est l’hormone du désir.

C’est elle qui donne l’envie d’agir, de créer, d’aimer, de faire l’amour, de découvrir, d’en savoir plus, d’aller plus loin.

Cette hormone provoque une forte stimulation et c’est ce que notre cerveau va rechercher. C’est un moteur à la motivation et à l’action. C’est elle qui pousse à se rapprocher de la personne aimée et plus il y a d'obstacles, plus elle est présente...

Il est temps d'entrer dans le vif du sujet et de saluer la lulibérine.

Vous constaterez que plus on approche du "climax", plus les hormones portent de jolis noms. Les scientifiques sont un peu poètes, parfois.

La lulibérine est libérée au début de la relation sexuelle. C’est elle qui pousse à rechercher toujours plus de contact et de caresses. C'est l'hormone des préliminaires, en quelques sortes.

Elle va laisser la place aux hormones du plaisir : Les endorphines. Au moment de l'orgasme, c'est l’explosion : euphorie ou extase, ces molécules nous font décoller et modifie totalement l’état de conscience ordinaire. 

Sa majesté l’ocytocine !

L’ocytocine, c’est l’hormone de l’amour. Elle aussi nous envahit au moment de l’orgasme.

Elle a été baptisée "l'hormone de l'attachement" par certains scientifiques, car elle serait notamment secrétée chez toutes les espèces animales monogames, dès le premier rapport sexuel… 

C'est elle qui transforme le plaisir en amour...

Et ils vécurent heureux…..

Si vous croyez vraiment aux contes de fées, arrêtez-vous là !

Un jour mon prince...
Un jour mon prince... © Getty

Je vous aurais prévenu !

Certains scientifiques soulignent néanmoins que notre organisme pourrait s'habituer aux hormones de l'amour. Au bout de quelques années, ces substances ne feraient plus effet. Et, contrairement à certaines substances illicites, il est difficile d'augmenter les doses pour continuer à se satisfaire…

Aller + loin

Des chercheurs de l’université de Birmingham se sont penchés sur cette hormone et sont arrivés à la conclusion qu’elle aurait des effets similaires à ceux de l’alcool. On sait qu’elle intervient dans le lien amoureux, qu’elle favorise les comportements sociaux comme l'altruisme, la générosité et l'empathie.

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