Ce sont deux études qui viennent d'être présentées au Congrès européen de cardiologie de Munich qui remettent effectivement en cause les bénéfices de l'aspirine à titre préventif.

L'aspirine à titre préventif aurait peu d'effet sur les personnes n'ayant pas eu d'accident cardiovasculaire.
L'aspirine à titre préventif aurait peu d'effet sur les personnes n'ayant pas eu d'accident cardiovasculaire. © AFP / VOISIN / Phanie

Ce que l'on appelle la prévention primaire, c'est-à-dire des personnes qui n'ont pas eu d'accident cardiovasculaire, n'auraient pas grand bénéfice à prendre de l'aspirine. Très clairement, on ne parle pas de celles qui ont fait un infarctus par exemple et pour qui on veut éviter une récidive.

Dans ces deux études, on s'est attaché à travailler sur un grand nombre de participants (12 000 pour la première, 15 000 pour la deuxième), recrutés dans des pays différents comme les États-Unis, la Grande-Bretagne (où il y a beaucoup de maladies cardiovasculaires) mais aussi en Italie et Espagne où il y en a moins.

Parmi ces participants, on a aussi choisi dans ces études des personnes à risque car fumeuses, ayant du cholestérol ou de l'hypertension. Il s'avère que l'aspirine n'avait pratiquement pas d'effet sur la survenue d'une maladie. Le professeur Nicolas Danchin, chef du service de cardiologie de l'Hôpital européen Georges Pompidou, qui se trouve actuellement à ce Congrès nous donne plus d’explications :

Au bout de cinq ans, il n'y a quasiment aucune différence dans la survenue des complications cardiaques. En revanche, l’aspirine fait saigner un petit peu plus. Globalement, chez des personnes qui ont uniquement des facteurs de risques classiques, l’aspirine ne parait pas être un médicament recommandé. Cela remet en question l'idée que l’aspirine est un médicament que tout le monde devrait prendre à partir de l'âge de 50 ans : très clairement, cette étude montre qu'il ne faut pas faire cela.

Que faire alors pour prévenir ces maladies ? Ne pas fumer, bouger et faire attention à son alimentation : c'est cela la prévention qui marche.

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