La Covid serait-elle repérable dans l'air expiré ? Une étude sur le sujet l'a démontré sur des patients gravement atteints et ouvre des perspectives de tests, enfin non invasifs.

Le Covid aurait une signature olfactive, et l’infection serait détectable dans l’air expiré
Le Covid aurait une signature olfactive, et l’infection serait détectable dans l’air expiré © Getty / Tara Moore

C’est l’hypothèse d’une équipe de l’hôpital Foch et de l’hôpital de Garches (associée au CEA ainsi qu’à l'Inserm, et aux universités de Paris-Saclay et Versailles-Saint-Quentin) : la Covid aurait une signature olfactive, et l’infection serait détectable dans l’air expiré. L’équipe vient de publier une étude sur le sujet dans la revue eBioMedicine (qui appartient au groupe The Lancet). Forte de ces résultats, elle imagine déjà pouvoir utiliser l’haleine pour diagnostiquer la maladie de façon très simple et très rapide, plus facilement en tout cas qu’avec les tests PCR. 

Pour mener l’étude, on a utilisé un spectromètre de masse : l’instrument permet de lire une signature moléculaire dans l’air expiré par les patients. Ce n’est pas le virus qu’on cherche, mais l’empreinte qu’il peut laisser sur l’organisme. 

Avec cette machine, l’équipe a analysé, au printemps dernier, l’air expiré de 40 patients en réanimation, des patients sévères, intubés et ventilés. "On a branché directement le tuyau de notre spectromètre de masse sur le respirateur qui sert à faire respirer les patients" explique Stanislas Grassin Delyle, professeur de pharmacologie à l’hôpital Foch.

La moitié des patients avait la Covid, l’autre moitié n’était pas infectée et on a comparé. "Cinq molécules étaient très différentes entre les patients qui avaient la Covid-19 et ceux qui ne l'avaient pas" confirme Stanislas Grassin Delyle.

De nouveaux tests sur des patients peu symptomatiques 

Sur ces patients sévères, la preuve de concept est là : la Covid a une signature spécifique et la détection est fiable à 93%. 

L'équipe va maintenant tester des patients moins sévères et peu symptomatiques. Si ça marche aussi bien, ça pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour le dépistage, décrit le chercheur : "On pourrait employer des nez électroniques à grande échelle, en utilisant cette approche d'analyse de l'air expiré, qui est plus simple et plus rapide que les technologies qui sont à disposition actuellement."

D’ailleurs, les chercheurs travaillent aussi avec les équipes de l’école vétérinaire de Maison Alfort et leur concept de chiens renifleurs. Les chiens ont été dressés à renifler la sueur et à y reconnaitre les signes d’une infection. Ils devraient être capable de reproduire le même travail sur de l’air expiré.