Jusqu'alors, aucun scénario d'extinction des Néandertaliens n'a vraiment convaincu la communauté scientifique. C'était sans compter sur une nouvelle hypothèse, celle d'un problème de fertilité, avancée dans une étude de la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Illustration représentant Neandertal.
Illustration représentant Neandertal. © AFP / Leemage

Quand notre espèce, Homo sapiens, arrive en Europe, Néandertal est déjà là depuis longtemps. Quelques milliers d'années de partage du territoire, quelques accouplements... une seule espèce survivra : la nôtre. Est-ce une épidémie, un refroidissement du climat, une infériorité intellectuelle qui a eu raison des Néandertaliens ? Comment expliquer leur disparition, il y a 40 000 ans ?

Voilà une question que les scientifiques n'ont, jusqu'alors, pas réussi à trancher : aujourd'hui, quatre chercheurs évoquent une nouvelle hypothèse, celle d'un problème de fertilité, dans une étude parue dans la revue scientifique américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Un changement démographique 

La thèse d'un changement démographique, pourtant parfois évoquée, n'avait jamais été testée. C'est désormais chose faite grâce à des modélisations démographiques, réalisées par cette équipe de quatre chercheurs. Partant d'une population estimée à 70 000 personnes, répartie en trois zones d'occupation en Europe, les chercheurs ont fait intervenir trois critères et cherché le scénario le plus vraisemblable entre mortalité, migrations ou fertilité.

C'est ce dernier critère qui a été déterminant. "On a vu que ce n'est pas la fertilité de l'ensemble des femmes, mais certainement les plus jeunes, les moins de 20 ans", explique Silvana Condemi, paléoanthropologue au CNRS. "Mais rien de catastrophique : il a suffi de très peu de choses, de simples tout petits changements auraient quand même pu permettre la disparition de Néandertal" ajoute-t-elle. Dans tous les cas, il n'y a pas eu cataclysme, insiste la chercheuse, qui parle "d'un petit quelque chose qui a eu un grand impact à la fin".

"Un tout petit changement aurait pu entraîner la disparition de Néandertal"

"Le point le plus important, c'est le fait que cette diminution est très faible. Nous n'avons pas eu besoin d'imaginer quelque chose de catastrophique, un tout petit changement aurait pu entraîner la disparition de Neandertal", insiste Anna Degioanni du laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe-Afrique. "Nous n'avons pas pris en compte la présence de sapiens" précise Silvana Condemi qui explique que l'équipe de chercheurs va tenter de faire entrer en ligne de compte ce point. C'est d'ailleurs la présence et la compétition avec Homo sapiens qui a peut-être privé les femmes Néandertaliennes de nourriture.

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