Deux paléontologues américains publient aujourd'hui la découverte d'un grand lion d'Afrique ayant vécu il y a 23 millions d'années. Sept fois plus gros que le lion actuel, il pesait environ 1 500 kilos et pouvait s'attaquer à des proies grandes comme un éléphant. Pas si sûr estime le découvreur des fossiles.

Simbakubwa kutokaafrika, le lion préhistorique
Simbakubwa kutokaafrika, le lion préhistorique © AFP / MAURICIO ANTON / OHIO UNIVERSITY / AFP

Qu'arrive t-il à un paléontologue curieux ? Un de ceux, qui, à la pause déjeuner, vont jeter un œil aux tiroirs du Muséum National du Kenya où sont conservées quantités de fossiles trouvés dans le pays ?  Il peut tomber sur un fossile non étudié.

C'est ce qui est arrivé à Matthew Borths, de l'université de l'Ohio. Ce spécialiste des carnivores fossiles a tout de suite compris qu'il avait affaire à une grosse bête en découvrant une mandibule dotée d'une canine, d'une prémolaire et d'une molaire. Il a appelé une collègue de l'université de l'Ohio, qui avait déjà procédé à des fouilles au Kenya et à eux deux, après six années d'études, ils ont conclu à la découverte d'une nouvelle espèce datant de 23 millions d'années. Un lion bien  plus grand que l'actuel roi de la savane et pesant 1 500 kilos. La taille imposante de ses dents laisse supposer que l'animal était capable de s'attaquer à de grandes proies comme l'éléphant et de casser des os en plus de cisailler la chair. 

Simbakubwa Kutokaafrika (pour grand lion sorti d'Afrique en swahili) appartient à la famille des Hyaenodontes, des mammifères disparus n'ayant aucun lien avec les lions ou hyènes d’aujourd’hui.  On en trouve en Libye et en Europe. Sa tête est plus imposante que son corps.

Si nouveau que ça ?

Le gigantisme de la bête est ce qui est apparu le plus spectaculaire aux deux chercheurs. Ils en ont oublié l'histoire. Ces fossiles ont été retrouvés il y a 40 ans sur le site de de Meswa Bridge au Kenya, un site ouvert par Martin Pickford et Pascal Tassy du Muséum National d'Histoire Naturelle. "J'ai découvert le gisement à la fin des années 70" confie Martin Pickford et "on a continué à ramasser ces créodontes géants jusqu'en 1984, date à laquelle mon permis de travail au Kenya n'a pas été renouvelé. Du coup, je n'ai pas pu travailler sur ces os et ils attendaient depuis 40 ans dans les tiroirs". Martin Pickford, qui se dit très content que les fossiles soient publiés, n'est toutefois pas associé à  leur étude parue dans le Journal of Vertebrate Paleontology. Pour lui, la taille est surévaluée, au point de se demander si les spécimens trouvés en Libye ne sont pas plus imposants.  

La datation surtout ne le convainc pas. Certes les couches dans lesquelles ces fossiles ont été trouvés sont datées de 23 millions d'années mais selon Martin Pickford, "nous avions montré à l'époque pourquoi selon nous, le gisement remontait à 16 millions d'années ". Le paléontologue ajoute que pour les curieux intéressés, il existe aujourd'hui un spécimen de créodonte à la galerie de Paléontologie du Muséum à Paris. 

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