La température a-t-elle des effets sur la mortalité ? Alors que se tient le sommet Climat à Paris ce mardi, Santé Publique France publie une étude réalisée entre 2000 et 2010 en France métropolitaine sur les impacts du froid et de la chaleur. C'est très net : la chaleur fait plus de victimes.

Selon l'étude, on va vers un accroissement rapide des populations à risque lors des fortes chaleurs
Selon l'étude, on va vers un accroissement rapide des populations à risque lors des fortes chaleurs © Maxppp / Richard BRUNEL

De Lille à Marseille et du Havre à Strasbourg, 18 zones métropolitaines ont été étudiées entre 2000 et 2010 par les scientifiques. L'étude, publiée par Santé Publique France, montre les impacts du froid et de la chaleur sur la mortalité.

"Les fortes chaleurs ont un effet marqué sur la mortalité" peut-on lire dans l'étude, "avec une augmentation immédiate et rapide. Le froid a un effet dès des températures douces, avec une augmentation progressive et persistant jusqu'à 21 jours après l'exposition". 

60.000 décès causés par les températures froides et chaudes en 10 ans

La chaleur extrême tue davantage et de façon bien plus rapide. Après une exposition à des températures très élevées, de plus de 30°C, on observe une augmentation rapide de la mortalité de l'ordre de 95% qui se maintient  sur 8 jours, même si les pics sont atteints les 3 premiers jours.

Quand il fait très chaud, l'organisme fournit de gros efforts pour maintenir une température corporelle stable, ce qui conduit chez les personnes les plus faibles à des défaillances cardiaques et respiratoires. "La chaleur est responsable de 13 855 décès sur 10 ans" lit-on dans l'étude. 

Le froid extrême, lui, n'a pas les mêmes conséquences sur la santé. L'augmentation de la mortalité est plus faible, de l'ordre de 38% par rapport à la mortalité attendue quand la température est habituelle.

Face aux vagues de chaleur : la prévention nécessaire 

La forte chaleur est donc bien la plus dangereuse et les changements climatiques entraînent des épisodes de canicules de plus en plus fréquents.

La canicule de l'été 2003 pourrait être considérée comme "normale" d'ici à la fin du siècle écrivent les auteurs de l'étude. Il faut donc anticiper pour limiter l'impact de ces vagues de chaleur extrême, sinon les personnes âgées, malades, les nourrissons ou celles qui sont surexposées en raison de leur métier, ou d'un logement mal isolé, en seront de plus en plus souvent victimes.

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