Le village du sud de la Vendée possède désormais sa propre ligne méridienne, abandonnant ainsi le méridien de Greenwich, référence internationale de longitude. C'est ce qu'a décidé le maire, dimanche 19 août, en prenant un arrêté municipal. Mais c'est quoi déjà le méridien de Greenwich ?

Le méridien de Greenwich a été adopté en 1884, lors de la conférence internationale du méridien de Washington.
Le méridien de Greenwich a été adopté en 1884, lors de la conférence internationale du méridien de Washington. © AFP / PATRICK LEFEVRE / BELGA MAG / BELGA

Elle mesure douze mètres et est installée dans le jardin de la mairie de la Chapelle-aux-Lys. Le conseil municipal du village a décidé de mettre en place sa propre ligne méridienne raconte un article de Ouest-France. Mais au fait, qu'est-ce que le méridien de Greenwich ?

15 h à Londres, 16 h à Paris 

Pour commencer, un méridien est une ligne imaginaire tracée sur le globe et reliant les deux pôles géographiques. Ainsi tous les points de la Terre situés sur un même méridien possèdent la même longitude. Ils ont tous la même longueur : 20 003,932 km. Et par convention il en existe 360 sur la Terre

Le méridien de Greenwich passe par Greenwich – logique –, dans la banlieue de Londres, au Royaume-Uni. Il est le méridien de référence internationale et sa longitude est de 0°. À partir de lui s'établissent le reste des longitudes ainsi que les 24 fuseaux horaires de la planète. L'heure moyenne de Greenwich (Greenwich Mean Time en anglais – GMT –) est l'heure solaire moyenne au méridien de Greenwich. Par exemple en hiver, à 15 h GMT, il est 15 h à Londres. Il faut rajouter une heure pour la France. Il est donc 16 h à Paris. 

Contrairement aux latitudes – qui sont définies par rapport à l'axe de rotation de la Terre –, le choix du méridien de Greenwich s'est fait de manière purement arbitraire. Il a été choisi à l'issue d'un vote lors de la conférence internationale du méridien de Washington, en 1884. Olivier Sauzereau, astrophotographe, explique dans un article de La Nouvelle République que "personne ne peut contester l'équateur. Il y a eu des tas de dictateurs et de mégalomanes à travers l'Histoire mais jamais ils n'ont remis en cause l'équateur. C'est un fait scientifique. En revanche, la référence au méridien de Greenwich est arbitraire".

Les États-Unis étaient déjà basés sur Greenwich

En 1884 donc, 25 pays se réunissent pour uniformiser le partage du globe en 24 fuseaux horaires et choisir le méridien international de référence, le méridien 0. Parmi les candidats en lice : le méridien de Ferro (sur l'île de Fer aux Canaries), le méridien de l'observatoire de Paris et le méridien de l'observatoire de Greenwich. L'issue du vote est sans conteste, vingt-deux états ont voté pour l'adoption de celui de Greenwich, un état s'est opposé (Saint-Domingue) et deux pays se sont abstenus (le Brésil et la France). 

L'une des raisons qui explique cette victoire écrasante réside dans le fait que les deux tiers de la flotte mondiale utilisaient déjà le méridien de Greenwich pour naviguer et commercer. Autre explication, les États-Unis étaient déjà basés sur ce méridien pour ses fuseaux horaires. L'année précédent le vote, les compagnies ferroviaires américaines avaient même jugé ce système parfaitement satisfaisant.

La France en retard

Dans cette bataille scientifique, la France n'a pas su imposer le méridien de l'observatoire de Paris comme référence mondiale. Et elle a mis du temps à digérer sa défaite puisqu'elle n'a été rattachée au "Temps universel" (TU) qu'en 1911. 

Un méridien de référence grâce aux trains 

À l'origine de cette conférence se trouvent les trains. Oui, les trains. Car durant les années 1860, Sandford Fleming, ingénieur des chemins de fer canadiens, a milité pour imposer une heure nationale à chaque pays afin d'éviter le maillage des horaires des chemins de fer. Pour cela, il proposait de diviser le monde en 24 fuseaux horaires. Sa revendication a été entendue puisque la conférence s'est tenue quelques années plus tard.

> POUR ALLER PLUS LOIN | Lire "Le méridien de Greenwich n'est pas à la bonne place !" sur lepoint.fr 

Pour en revenir au village de la Chapelle-aux-Lys, dans le sud de la Vendée, l'heure est désormais retardée de 2 minutes et 38 secondes sur le méridien de Greenwich. Cependant Philippe Boisson, le maire de la commune, rassure : "Cet arrêté ne va rien changer pour nous. Nous n'allons pas l'appliquer au pied de la lettre. Nous avons juste décidé de créer ce méridien pour célébrer la 10e édition de notre festival dédié à l'astronomie, Astrolys. Cet arrêté c'est une boutade, nous n'avons rien contre les Anglais. D'ailleurs j'ai beaucoup d'Anglais dans ma commune. On ne veut pas se fâcher avec eux. C'était juste histoire d'attirer l'attention du public pour le sensibiliser à l'astronomie. Et également assurer une mission pédagogique auprès des écoles. On fait de l'astronomie avec un peu d'humour pour que les gens s'en souviennent."

Si la Chapelle-aux-Lys appliquait de manière effective son arrêté et décidait de se référer à son propre méridien voilà ce que cela donnerait : 

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