La transplantation fécale, qui consiste à injecter un microbiote sain dans celui d'un patient malade, est en plein essor. Les bactéries qui peuplent nos intestins sont en effet capables de remettre sur pied les organismes les plus affaiblis, par exemple en cas de chimiothérapie.

Des milliards de bactéries composent le microbiote intestinal, sur lequel beaucoup de chercheurs fondent leurs espoirs pour guérir l'organisme de patients affaiblis
Des milliards de bactéries composent le microbiote intestinal, sur lequel beaucoup de chercheurs fondent leurs espoirs pour guérir l'organisme de patients affaiblis © Getty / KATERYNA KON/SCIENCE PHOTO LIBRARY

L'intérêt de la médecine moderne pour le microbiote, ce groupement de milliards de bactéries qui peuplent nos intestins, ne cesse de se démentir. Et pour cause, ces bactéries nichées dans nos tripes donnent des résultats bluffants sur des organismes épuisés. 

En France par exemple, une biotech lyonnaise, Maat Pharma, vient notamment d'obtenir des résultats très encourageants auprès de patients cancéreux : en restaurant leur microbiote après une chimiothérapie, via une transplantation fécale, elle les ''rebooste'' littéralement pour la suite du traitement.

Dans cet essai, 25 patients ont été traités pour une leucémie aigüe. Dans ce cas, le traitement de routine est une forte chimiothérapie suivie d'une prise d'antibiotiques puis d'une nouvelle série de chimios. Un traitement de choc, qui abîme au passage la flore intestinale : le microbiote s'appauvrit, les patients maigrissent et sont vite à bout de forces.

Le patient est soigné avec sa propre flore intestinale : elle est prélevée avant la chimio et réimplantée quelques jours après

L'essai, ici, a consisté à prélever sur les malades leur propre microbiote intestinal avant traitement, à le congeler par - 80 degrés, puis à leur réinjecter après une prise d'antibiotiques : ainsi, très vite les bactéries peuvent re-coloniser l'intestin. La méthode de la phase 1 de cet essai semble efficace : avec cette transplantation le patient résiste effectivement mieux à la suite du traitement, et un an après, les patients affichent 84% de survie. 

Joel Doré, chercheur à l'INRA, est conseiller scientifique de Maatpharma : "[ Ces maladies ] Ce sont des contextes où - la plupart du temps - les gens deviennent de plus fragiles et perdent du poids, jusqu'à 15% de leur poids initial à la première chimiothérapie. [Avec cette méthode], on a la moitié des patients qui reprennent du poids et on est capable de reconstruire les paramètres globaux de l'état de santé de l'individu."

Les patients retrouvent vite une immunité normale très apaisée

Prochaine étape : tester la méthode sur un nombre plus large de patients, courant 2019. La transplantation, faite jusque-là via injection par voie basse, se fera alors de manière moins intrusive, sous forme de comprimés.

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