Quels sont les symptômes avant-coureurs ? Comment s’en sortir et moins souffrir ? Comment savoir qu’une crise approche ? Quels sont les facteurs déclenchants ?

La migraine, une puissante céphalée douloureuse et handicapante
La migraine, une puissante céphalée douloureuse et handicapante © Corbis / Media for Medical

Ali Rebeihi recevait ce lundi dans Grand bien vous fasse ! la neurologue Carole Séréni, ainsi qu'Esther Lardreau, historienne et philosophe de la médecine, auteure de La migraine, Biographie d’une maladie

Définir la migraine

La migraine, peut se définir comme un mal de tête très intense qui « tape dans la tête » et qui se manifeste régulièrement par des crises qui peuvent durer entre quatre heures et trois jours. Elle s’accompagne de symptômes comme la gêne à la lumière, les nausées et les vomissements.

Souvent minorée par les proches, c’est pourtant un facteur très invalidant.

C'est une maladie sexiste : elle touche dans trois cas sur quatre une femme. Balzac a même popularisé le cliché sur la maladie dans Scènes de la vie conjugale, il raconte que la femme s’en sert comme prétexte pour échapper au « devoir conjugal ».

Des démons attaquent la tête d'un homme avec des instruments de torture... Illustration de George Cruikshank
Des démons attaquent la tête d'un homme avec des instruments de torture... Illustration de George Cruikshank © Getty / Hulton Deutsch

Comment s'en sortir ?

Le migraineux doit apprendre à vivre avec la maladie. On ne guérit pas de la migraine, elle est toujours là, mais on peut diminuer les crises.

On peut modifier son mode de vie, changer d’alimentation, mais le mieux, et c’est étonnant : le sport change la vie du migraineux parce qu’il lui permet de se relaxer. Tout comme l’activité sexuelle…

D’où vient-elle ?

Les crises commencent à la puberté, mais quelque fois beaucoup plus tôt. Dans la migraine, il y a indéniablement une composante héréditaire : une sensibilité du cerveau d’origine génétique.

Les causes psychosomatiques existent, mais ce n’est pas la raison principale : le stress ou l’environnement (pollution) jouent un rôle de plus en plus grand.

Comment savoir qu’une crise approche ?

La crise commence souvent par une grande fatigue. Puis la personne commence par avoir mal "d’un côté" de la tête. Ça commence à pulser. Elle n’arrive pas à fixer la lumière, et est obligée de fermer les yeux, de cligner. La migraineuse a des nausées. Puis le phénomène s’accroît. Et cela fini par devenir une douleur invalidante. La patiente ne peut plus bouger. La lumière est de plus en plus mal supportée. Et la migraineuse termine souvent prostrée dans le noir.

20% des migraines sont dites "avec aura". L’aura est le signe qui correspond à un dysfonctionnement du cerveau. Pour ces crises : on voit flou et on a des scintillements… On peut aussi avoir des fourmillements d’un côté et être gêné pour parler.

OK, les enfants. Aujourd'hui, nous allons nous asseoir calmement dans le noir... (extrait des Simpsons)

Quels sont les facteurs déclencheurs des crises ?

En tout 22 facteurs ont été identifiés.

Parmi eux, citons les règles chez les femmes, les infections, la déshydratation, la pollution, le sommeil perturbé… mais aussi :

Des facteurs comportementaux

  • le stress,
  • la fatigue,
  • les grandes émotions, même positives (un baptême, un mariage…)

Certains aliments :

  • le vin,
  • le champagne, premier déclencheur,
  • le chocolat (!).
  • les nitrites,
  • les plats avec du glutamate,
  • les flavonoïdes,
  • l’aspartame

Des facteurs météorologiques :

  • le changement de temps,
  • une trop forte chaleur
  • le vent…

Écouter un extrait de Grand bien vous fasse :

A noter qu'il ne pas confondre la migraine avec la céphalée : cette dernière est d'intensité moindre, non pulsatile et n'entraîne pas de nausées, mais peut durer jusqu'à 7 jours. La migraine, elle, est donc pulsatile, d'intensité modéré à sévère, aggravée par l'effort, en général localisée d'un seul côté du crâne, et ne dépasse pas 72 heures.

Aller + loin :

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