Katherine Johnson, grande mathématicienne noire américaine est morte, à l'âge de 101 ans. La Nasa rend hommage à ses travaux déterminants dans le calcul des vols spatiaux.

Katherine Johnson, lorsqu'elle fut décorée de la médaille présidentielle de la Liberté, en 2015, par Barack Obama, aux Etats-Unis
Katherine Johnson, lorsqu'elle fut décorée de la médaille présidentielle de la Liberté, en 2015, par Barack Obama, aux Etats-Unis © Getty / Kris Connor

Le grand public connaît mieux Katherine Johnson depuis la sortie du film Les figures de l'ombre, en 2017.

Katherine Johnson, née Coleman, avait fêté ses cent ans en août 2018. Son travail a particulièrement concerné les missions Apollo, dont celle de 1969 vers la Lune, et particulièrement Apollo 13, qui, en 1970, dut rebrousser chemin, en raison de défaillances  techniques et que Johnson contribua à ramener sur Terre.

Auparavant, Johnson avait préparé les vols des premiers Américains dans l'espace. Elle calculait les trajectoires, et modélisait divers scénarios possibles. Les ordinateurs n'avaient pas la puissance d'aujourd'hui, mais pour Katherine Johnson, fenêtres de lancement et plans d'urgence n'avaient pas de secret. 

Calculatrice humaine et icône

Dans les années 50, la Nasa employait des calculateurs humains, et c'est sous ce terme que Katherine Johnson a été employée. Le b-a ba de son travail était le calcul de l'atténuation des rafales de vent pour les avions, mais ce n'était là qu'un début. En 58, elle est affectée aux engins spatiaux et y restera. À la fin de sa carrière, elle travaillait sur les missions vers Mars. 

Pour l'administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine, elle est "une véritable icône américaine qui a surmonté des obstacles incroyables et en a inspiré tant". Sur son compte Twitter, l'agence américaine salue "l'héritage d'excellence qui a fait tomber les barrières raciales et sociales". 

La NASA lui a dédié une installation : un institut pour la vérification et validation indépendante (IV&V),  à Fairmont, Virginie-Occidentale. Il  n'est pas très loin de l'université où elle fit ses études. Katherine Johnson était née en Virginie, dans un État où la ségrégation sévissait encore. Elle a fait de brillantes études, est devenue enseignante et a pu entrer à l'université en 1938, sur décision de la Cour suprême des États-Unis, en faveur de l'intégration d'étudiants noirs. Ses aptitudes exceptionnelles en mathématiques lui ont permis de se faire intégrer à la Nasa. 

Évoquant sa jeunesse, elle disait : 

"J'ai tout compté. J'ai compté les marches menant à la route, les marches menant à l'église, le nombre de plats et d'argenterie que j'ai lavés… tout ce qui pouvait être compté, je l'ai fait."  

Elle a aussi été membre d'Alpha Kappa Alpha depuis le collège, la première association créée par et pour les femmes afro-américaines.

Retour vers la Lune, en s'inspirant de Johnson

Alors que la NASA prépare un retour sur la Lune d'ici 2024,  son programme de vols spatiaux humains peut encore s'inspirer de l'héritage de la mathématicienne. 

"Les travaux de Katherine ont inclus des contributions clés à nos premiers vols. Ses calculs, tels que ceux qui aident le Projet Apollo's Lunar Lander à se synchroniser avec le module de commande et de service en orbite autour de la lune, ont assuré la sécurité et le succès de la mission", a déclaré l'administrateur de la Nasa. 

"Le programme de l'installation IV&V de Katherine Johnson continue de soutenir les vols spatiaux humains aujourd'hui, y compris vers la Station spatiale internationale, et bientôt dans nos missions vers la Lune" a-t-il ajouté lors de l'inauguration du centre de recherches Katherine Johnson. 

En septembre 2019 est paru le livre Combien de pas jusqu'à la lune, de Carole Trébor, qui raconte la vie de Katherine Johnson, pour les adolescents.

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