La décision d'Anne Hidalgo de piétionniser les quais de Seine pourrait être remise en cause par la justice. L'objectif de cette piétonnisation est de réduire la pollution et d'améliorer la qualité de l'air, mais est-ce qu'on respire mieux qu'avant ? L'air parisien est-il moins pollué ?

La décision d'Anne Hidalgo de piétionniser les quais de Seine sera probablement valisée par la justice ce lundi
La décision d'Anne Hidalgo de piétionniser les quais de Seine sera probablement valisée par la justice ce lundi © Maxppp / IP3 / Aurelien Morissard

L'annulation de la piétonnisation des voies sur berge a été confirmée en appel par la cour administrative, selon une décision rendue lundi. Dans son arrêt, la Cour d'appel a confirmé l'annulation de la délibération votée en septembre 2016 en Conseil de Paris, et annulé l'arrêté pris par la maire en octobre de la même année, prévoyant la piétonnisation d'une partie des quais de Seine dans l'hypercentre de la capitale. Le dossier n'est pour autant pas clos: pour maintenir la piétonnisation de ces quais, la maire avait pris un nouvel arrêté, cette fois au nom de la défense du patrimoine -les berges étant classées à l'Unesco.

Parmi les recours, celui de la présidente de la région Île-de-France 

Invitée de Questions politiques dimanche, Valérie Pécresse considère que ce recours a été plutôt productif car il a permis d'obtenir "grâce au bras de fer sur la piétonnisation" et "alors que la ville de Paris refusait de les ouvrir", la mise à disposition de 1 000 places de parking à demi tarif pour que les habitants de banlieue puissent déposer leurs voitures. 

La présidente de la région Île-de-France qui dit avoir combattu la méthode employée par Anne Hidalgo au nom "des banlieusards qui ne sont pas des citoyens de seconde zone et qui souffrent parce qu'il n'y a pas eu de concertation ou que ça n'a pas été fait de manière progressive" considère que cette affaire a prouvé qu'on ne peut pas mettre en place une stratégie cohérente sans travailler avec la banlieue.

Respire-t-on mieux qu'avant la piétonnisation des voies sur berge ?  

Oui, répond Eric. Directeur d'un bateau-café sur les quais de Seine, avec la piétonnisation il a gagné de l'espace, des clients et de l'oxygène : "Maintenant on est dans un lieu pacifié, on entend les oiseaux, les enfants courent, il y a des vélos, des piétons, des badauds. On ne se sent plus au bord d'une route, on se sent au sein d'un parc".  

Impression ou réalité ? Un an après l'entrée en vigueur de l'arrêté de la ville de Paris, pour Charlotte Songeur, ingénieur à AirParif, l'organisme qui a mesuré la qualité de l'air : "La fermeture des voies sur berge a permis sur cet axe-là de diminuer les niveaux d'oxyde d'azote de 25%. Sur les quais bas on a enlevé toutes les voitures donc on a moins de pollution."

Mais le bilan d'AirParif reste mitigé. Il y a plus 5 à 10 % d'émissions de dioxyde d'azote sur d'autres voies, les zones dites de report, où le trafic a augmenté, comme sur le boulevard Saint Germain, près de la place du Châtelet. Sur la voie haute, non concernée par la piétonisation, Alain, bouquiniste respire autant d'odeurs de gaz d'échappement qu'avant : "Ici c'est pareil qu'avant, il y a toujours eu des voitures, ça ne change pas. Il ne peut pas y en avoir plus, de toute façon : c'est toujours plein."

Pas de changement d'habitude des Franciliens donc, si ce n'est peut-être l'augmentation des vélos et trottinettes, au milieu d'un trafic toujours dense.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.