La mauvaise qualité de l'air fait perdre près de deux ans d'espérance de vie dans le monde. D'après une nouvelle étude de l'Institut de politique énergétique de l'université de Chicago, c'est à peine moins qu'il y a vingt ans et ce malgré d'importantes politiques de lutte contre la pollution.

Le Taj Mahal entouré d'un épais nuage de pollution en décembre 2019. A 200km en Nord, New Delhi, la capitale est si polluée que ses habitants perdent 9 ans d'espérance de vie en moyenne.
Le Taj Mahal entouré d'un épais nuage de pollution en décembre 2019. A 200km en Nord, New Delhi, la capitale est si polluée que ses habitants perdent 9 ans d'espérance de vie en moyenne. © AFP / STR / AFP

"La pollution de l'air était le plus grand risque pour la vie humaine" avant le Covid-19 et elle continuera de l'être après, selon les chercheurs de l'Institut de politique énergétique de l'université de Chicago, à l'origine de cette étude publiée ce mercredi.

En vingt ans, la pollution atmosphérique a réduit l'espérance de vie de deux ans en moyenne au niveau mondial. La zone la plus touchée par ce phénomène et formée par quatre pays d'Asie du Sud : l'Inde, le Bangladesh, le Népal et le Pakistan. Dans cette région, qui abrite 44% de la population mondiale, la mauvaise qualité de l'air réduit de cinq ans l'espérance de vie des populations.

En Asie du Sud, la qualité de l'air est bien loin d'être conforme aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), rendant son impact sur l'espérance de vie comparable à celui du tabagisme. Au niveau mondial, les trois-quarts de la population (79%) sont soumis à des taux de particules fines (PM25) supérieures aux recommandations de l'OMS. Cette pollution est essentiellement due à la combustion d'énergie fossiles. En cause : les embouteillages et les centrales électriques au charbon. 

Des politiques publiques encourageantes mais encore insuffisantes en matière de lutte contre la pollution de l'air 

Un constat accablant alors même que les pays industrialisés s'engagent dans la lutte contre la pollution atmosphérique. À noter, les efforts de la Chine - l'un des pays les plus pollués au monde - qui a déclaré la guerre aux particules fines en 2013. Le rapport de l'université de Chicago souligne qu'"en l'espace de cinq ans" le pays a réduit la pollution de 40%. Si cette réduction se confirme, les habitants auront gagné en moyenne deux ans d'espérance de vie. 

La pollution de l'air : un fléau comparable au tabagisme

L'étude menée par l'université de Chicago établit un parallèle entre la qualité de l'air et le tabagisme. Ainsi, la cigarette réduit l'espérance de vie d'1,8 ans en moyenne contre 1,9 ans pour la pollution atmosphérique. Seulement voilà, si fumer rester un acte individuel, un choix, les habitants des régions du monde les plus pollués restent, eux, bien impuissants face à ce facteur. 

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