Placebo
Placebo © Science Photo Library/Corbis

Une étude américaine montre une augmentation de 15% en 50 ans de l'efficacité de l'effet placebo dans les tests cliniques. Mais seulement aux États-Unis. Comment expliquer cette bizarrerie qui pose problème à l'industrie pharmaceutique ? En effet est-il possible que certains pays soient plus sensibles à l'effet placebo et si oui, comment l'expliquer ?

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont comparé les essais cliniques qui évaluait l'effet pharmacologique d'un antalgique à l'effet d'un placebo. Ils se sont donc aperçus que l'effet placebo augmentait alors que l'effet pharmacologique restait stable.

Pour en parler, Mathieu Vidard et Axel Villard-Faure reçoivent Jean-Jacques Aulas, psychopharmacologue au CHU de Saint-Étienne et spécialiste de l'effet placebo.

Jean-Jacques Aulas :

C'est la dernière part de magie qui reste dans une médecine qui devient de plus en plus scientifique.

Sa première réaction à la lecture de cette étude fut la surprise. Selon lui, il est difficile d'imaginer que dans un pays doté d'une technologie de pointe, il n'y ait pas une augmentation de l'impact de l'effet spécifique du médicament. Quant à la localisation précise de ce phénomène, Jean-Jacques Colas en est tout aussi surpris.

Parmi les hypothèses pouvant expliquer ce résultat, il faudrait peut-être chercher du côté de la... publicité . Les États-Unis et la Nouvelle-Zélande font partie des rares pays où l'on peut faire de la publicité pour les médicaments. Ces publicités peuvent alors augmenter les attentes de guérison des patients. Mais l'étude ne s'est pas penchée sur ce deuxième pays.

Un autre facteur peut aussi entrer en ligne de compte dans l'analyse de ces résultats : les attentes de guérison de la part des patients au vue des moyens humains et financiers déployés lors de ces essais cliniques. Ces derniers coûtent chers et font appel à des infirmières et des médecins sur de longues périodes. Ceci augmenterait l'espoir de guérison avec la suggestion et le conditionnement.

Le problème serait surtout pour l'industrie pharmaceutique qui n'arrive plus à valider de nouveaux médicaments anti-douleurs, si se rajoute l'aspect psychologique et culturel lié à l'efficacité d'un médicament.

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