La voiture de demain sera connectée ou ne sera pas. Désormais tous les professionnels de l’automobile en sont convaincus. Les professionnels du net aussi d’ailleurs. Google et Apple ont entamé les grandes manœuvres pour pénétrer au cœur de l’automobile, ce symbole de l’autonomie du XXe siècle pour en faire un instrument connecté du XXIe siècle.

Depuis le début des années 90, les constructeurs expérimentent des systèmes d’automatisation de la conduite. En 2010, c’est Google qui est entré dans la danse en faisant rouler des Toyota modifiées par ses soins, sans personne derrière le volant. Une conduite d’abord télécommandée tel un drone terrestre, puis vraiment autonome. Google qui vient de sortir son propre prototype en forme d’œuf a déjà engrangé plus d’un million de kilomètres en condition réelles.

De son coté, Carlos Ghosn le patron de l’Alliance Renault Nissan a annoncé que son groupe commercialiserait des voitures autonomes dès 2017 au Japon et aux Etats Unis et dès 2018 en Europe. L’avantage, c’est que désormais, le temps de trajet dans un véhicule individuel pourra être employé à bien d’autres choses que la conduite : la lecture, le travail, la communication, l’information, etc …Et cela dans une sécurité totale puisquel’électronique préviendra toute erreur humaine .

Volvo l’annonce déjà : « En 2020 une Volvo neuve aura 0 accident grave » . Sur la nouvelle Volvo XC 90, une application détecte, grâce à la cartographie en temps réel, la possibilité d’une collision à l’arrivée d’une voiture sur une route latérale ; et le système freine avant que le conducteur n’ait lui-même perçu le danger. La XC 90 vient d’ailleurs d’être élue voiture connectée de l’année.

Car, au Mondial de Paris , on l'a constaté : bien des voitures sont déjà intelligentes, grâce à des assistances à la conduite évoluées qui se répandent dans toutes les marques. Par exemple le régulateur de vitesse adaptatif. Il ajuste la vitesse de la voiture en fonction du trafic et maintient la bonne distance de sécurité quelle que soit l’allure du véhicule qui précède.

Plus personne ne s’étonne qu’une caméra reconnaisse les panneaux de limitation de vitesse et les retranscrive sur les écrans embarqués.

Pour prévenir l’assoupissement du conducteur, Citroën avait déjà le « Lane Assist » qui prévenait un changement de file sans clignotant par une vibration dans le siège. Désormais, un moteur influe sur la direction pour remettre la voiture dans la bonne voie. Une fois, deux fois, puis une alerte retentit dans l’habitacle.

Le freinage d’urgence automatique est désormais disponible sur des modèles citadins comme la Ford Fiesta ou la Volkswagen Up ) Il repère un piéton ou un cycliste sur la trajectoire de l’auto et la stoppe si son conducteur n’agit pas à temps sur les freins. Un autre système s’arrête puis redémarre au rythme des embouteillages sans que le conducteur ne touche les pédales. Sur les modèles haut de gamme allemands, si l’accident s’avère irrémédiable malgré le freinage maximum, les ceintures plaquent les occupants sur leurs sièges, les vitres se ferment et tout est fait pour que le choc produise le moins d’effets destructeurs.

Bref les situations où le conducteur utilisera en temps réel les commandes de son véhicule deviendront de plus en plus minoritaires…jusqu’à ce qu’il lâche le volant et les pédales qui deviendront dès lors inutiles. Mais qui le guidera ? Sinon les géants du net qui ont déjà engrangé des millions de données par l’intermédiaire des smartphones branchés sur les applications. Les constructeurs ont perçu le danger et développent leurs propres systèmes.Android Auto sera-t-il aux voitures ce qu’Android est aux smartphones ? A suivre.

Reste une autre inconnue. La technique dépasse largement la législation. Qui serait responsable en cas d’accident ? Le système, le constructeur, le conducteur ? Une automobile doit être plus sûre qu’un ordinateur. Les assureurs planchent très sérieusement sur cet aspect des choses. En Californie, la voiture autonome vient d’être autorisée sur les routes. En Europe, elle est illégale, il faut quelqu’un pour conduire un objet mobile et « tout conducteur doit constamment avoir le contrôle de son véhicule» . Mais en mai dernier certains pays dont la France ont obtenu un amendement qui permettra une expérimentation sur route ouverte…

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