Chez la femme, c'est encore le cancer du sein qui tue le plus, mais d'après les projections de Santé Publique France, le cancer du poumon pourrait bientôt lui voler la première place.

Le cancer du poumon est le plus meurtrier cher l'homme et progresse chez la femme
Le cancer du poumon est le plus meurtrier cher l'homme et progresse chez la femme © AFP / BELGA / Gérard Houin

L'année 2017 est à peine achevée que l'agence Santé Publique France dresse déjà une estimation du cancer en France. Il y aurait eu 400 000 nouveaux cas en 2017 et 150 000 décès, d'après son rapport.

Plus de la moitié de ces cancers (54 %) sont survenus chez l'homme, chez qui cancers de la prostate, du poumon et du colon rectum sont les plus fréquents ; le cancer du poumon restant le plus meurtrier.

Chez la femme, c'est encore le cancer du sein qui tue le plus. Mais d'après les projections de Santé Publique France, le cancer du poumon pourrait bientôt lui voler la première place.

Le cancer du sein reste de loin le plus fréquent avec 59 000 cas chaque année, contre seulement 170160000 cas de cancer du poumon. Mais en termes de mortalité, le poumon et le sein affichent quasiment les mêmes chiffres : près de 12 000 morts par an pour le sein, un peu plus de 10 000 pour le poumon et cet écart a tendance à se resserrer. 

Car si le cancer du sein continue à toucher de plus en plus de femmes, il se dépiste et se soigne de mieux en mieux, avec désormais plus de 85 % de survie à 5 ans. 

Dans le même temps, le cancer du poumon, dont le pronostic reste particulièrement sombre, progresse à une vitesse inquiétante. Nicolas Girard est onco-pneumologue à l'institut du thorax Curie Montsouris à Paris : "On est aujourd'hui à 17 000 cas alors qu'en 2000 les chiffres c'était 5 000 cas. Il y a vraiment une explosion, les chiffres sont multipliés par trois depuis l'année 2000 et c'est essentiellement lié au tabagisme. Le gros des femmes qui ont un cancer du poumon sont les femmes qui ont commencé à fumer dans les années 70, et qui ont de 50 à 74 ans."

Si certaines thérapies nouvelles donnent de l'espoir, on reste encore assez démuni face au cancer du poumon, dont la survie médiane dépasse à peine un an.

La consommation de tabac ayant atteint un pic en 2000, les médecins s'attendent à voir encore beaucoup de cas dans les années à venir. Parce qu'un cancer du poumon décelé tôt se soignera mieux, Nicolas Girard préconise un dépistage beaucoup plus systématique chez les fumeuses.

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