Dans son rapport publié mercredi sur le tri des malades Covid et non Covid, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) rappelle que toute discrimination liée à l'âge, au statut social et au handicap chronique, est exclue car "la hiérarchisation de la valeur de la vie doit rester un interdit éthique".

Le Comité consultatif national d'éthique a publié son rapport sur le tri des malades Covid et non Covid
Le Comité consultatif national d'éthique a publié son rapport sur le tri des malades Covid et non Covid © Maxppp / Maxime JEGAT

Sur le plan sanitaire, le Comité consultatif national d'Éthique vient de rendre un avis, aussi attendu que délicat. Le CCNE répond à une saisine du ministre de la Santé et la question c'est celle de la priorisation des patients. Dans un hôpital saturé, comment choisir d'apporter des soins lourds à un malade, plutôt qu'à un autre ? 

Le comité pose des principes intangibles :

Si les limites du système de santé sont dépassées et si l’aggravation d’une pandémie, en dépit de tous les efforts de mobilisation et d’organisation, empêche de traiter tous les malades avec la même efficacité qu’en temps ordinaire, les principes de l’éthique médicale doivent toujours être maintenus : une situation exceptionnelle ne doit pas conduire à une éthique d’exception.

Alors où doit se porter la réflexion ? Par exemple, premier patient arrivé à l'hôpital, premier servi ?

"Allouer la ressource aux patients qui pourront en tirer le plus de bénéfices"

Non. Les critères d'admission en réanimation sont médicaux évidemment : la gravité de l'état, mais il faut penser aussi à l'après, et ce n'est donc pas l'âge qui doit être déterminant mais ce qu'on appelle un score de fragilité qui prend en compte la capacité d'un patient à supporter une réanimation et à en tirer, après, un bénéfice. L'âge en tant que tel ne suffit pas.

Le comité rappelle qu'en France on ne choisit pas en fonction de l'utilité sociale, contrairement au Royaume Uni où on propose que les soignants bénéficient en priorité de lits de réanimation, car si les soignants viennent à manquer c'est une perte de chance pour la collectivité. 

"Le problème de l'accès aux soins pour tous, déjà présent avant la crise, se pose de manière particulièrement aiguë à l'occasion de cette pandémie et met en lumière les limites des capacités hospitalières et de tout le système de santé", constate le CCNE qui note que ce tri, c'est aux patients non Covid qu'il a fait subir de lourdes conséquences, lors de la première vague, par manque d'accès aux soins, avec un excès de mortalité par maladies cardiaques, ou par cancer. "Il existe sans doute beaucoup d'autres victimes invisibles et collatérales de cette épidémie, patients non ou moins bien pris en charge", note-t-il.

Les membres du comité soulignent enfin que, si tri il doit y avoir, il doit s'opérer en collégialité, en associant aux médecins, les proches du patient et en laissant une trace écrite. 

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