Des chercheurs de l’Inserm ont montré qu’une exposition à la pollution lors de la grossesse peut entraîner des retards de croissance du fœtus et avoir des répercussions après la naissance de l’enfant. Selon eux, la prise en charge de ces bébés coûte 1,2 milliard d'euros à la société.

Paris sou un pic de pollution, le 16 décembre 2016.
Paris sou un pic de pollution, le 16 décembre 2016. © AFP / PHILIPPE LOPEZ

La pollution de l’air a un impact sur la santé du fœtus et peut engendrer des retards de croissance chez l’enfant. Une équipe de chercheurs, de l’Inserm spécialisés en maladies allergiques et respiratoires, a publié en ce mois de mai une étude dans la revue Archives de Pédiatrie. Elle montre qu’une exposition à la pollution peut entraîner des retards de croissance.

Les scientifiques ont décortiqué les naissances en France en 2012. Ils ont noté que des 2,3% des nouveaux-nés sont hypotrophes, ce qui signifie qu’ils sont nés à terme mais avec un poids inférieur à 2,5 kg. Pour la moitié d’entre eux, cette hypotrophie s’explique par une exposition de la mère aux particules atmosphériques.

Cette diminution natale entraîne de nombreuses complications pour le développement de l’enfant, avec parfois un important retard intellectuel et moteur.

Une chance sur quatre d'avoir des retards

Dans cette étude, les chercheurs de l’Inserm ont ensuite estimé le coût de cette hypotrophie due à la pollution. La prise en charge à la maternité est estimée à 25 millions d’euros. 

Ce montant augmente considérablement lorsqu’il est évalué en prenant en compte la vie entière des enfants concernés. Un quart d’entre eux connaissent en effet des retards moteurs ou intellectuels. Leur prise en charge est évaluée à 1,2 milliards d’euros. "Les coûts estimés sont supportés par les pouvoirs publics qui financent les structures de soin et de prise en charge, précise Isabella Annesi-Maesano, la chercheuse en charge de l’étude. Les coûts restants, comme la garde des enfants à domicile ou l’éducation spécialisée, restent à la charge des familles".

En conclusion, l’étude préconise de mettre en place des mesures de santé publique afin de protéger les femmes enceintes de la pollution. Elle recommande notamment de limiter leurs déplacements pendant les pics de pollution.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.