Face aux changements climatiques, c'est une céréale d'avenir. Son génome vient d'être séquencé par un consortium international.

L'égrenage et la mouture du mil grâce au mortier et au pilon.
L'égrenage et la mouture du mil grâce au mortier et au pilon. © IRD - Daina Rechner

Les adeptes du 'sans gluten' la connaissent. C'est surtout une céréale cultivée en Afrique et en Inde qui nourrit 100 millions de personnes dans le monde. Le mil est adapté aux conditions arides et aux sols peu fertiles.

Après le blé en 2014, c'est le génome du mil qui vient d'être séquencé. Au Niger, cette céréale apporte 75% des protéines aux habitants, c'est dire son importance. Particulièrement adapté au Sahel puisqu'elle supporte des terres arides et de faibles pluies, c'est pourtant en Inde qu'on la cultive le plus : 40% des stocks mondiaux.

Le consortium international qui a réalisé ce séquençage a passé au crible 1000 variétés cultivées et sauvages. Cela va permettre à présent d'identifier les gènes clés de la plante pour résister à des conditions difficiles explique Yves Vigouroux, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement. Il a participé à ce travail. "L'intérêt d'avoir ce génome, c'est d'avoir en fait une forme de pierre de rosette qui nous permet de mieux comprendre l'adaptation de cette plante à ces environnements extrêmes... C'est un code qui va nous permettre de mieux comprendre les bases génétiques de cette adaptation."

Contexte du réchauffement climatique

Dans le contexte du réchauffement climatique, connaître les gènes de résistance de la plante est majeur. Afin de développer des hybrides, croisés notamment avec les plantes sauvages, elles résistent à moins de 250 mm d'eau à l'hectare par an, aux frontières du Sahara. "On a commencé à identifier un certain nombre de marqueurs génétiques qui vont être utilisés ensuite pour développer des variétés plus résilientes dans un climat plus chaud ", explique le chercheur.

Les résultats de cette recherche, en partie financée par la fondation Bill et Melinda Gates, sont publics. En Inde, des semenciers se disent intéressés afin de mettre au point de nouveaux hybrides.

Retrouvez le reportage de Sophie Bécherel :

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E mil séquencé

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