Le Premier ministre a annoncé ce mercredi qu'il souhaitait que cet outil de santé publique, mis au point pour mesurer la qualité nutritionnelle des aliments, devienne obligatoire. Il est jusqu'à présent facultatif et les grosses entreprises agro-alimentaires ont longuement bataillé pour éviter qu'il en soit autrement.

Le gouvernement souhaite rendre le "nutriscore" obligatoire sur les emballages alimentaires mais, pour ce faire, il faudra convaincre la Commission européenne
Le gouvernement souhaite rendre le "nutriscore" obligatoire sur les emballages alimentaires mais, pour ce faire, il faudra convaincre la Commission européenne © AFP / BELGA MAG / Laurie DIEFFEMBACQ

Si vous êtes vigilants et ne souhaitez pas consommer n'importe quoi, vous regardez déjà sans doute ce logo en faisant vos courses : le "nutriscore", une pastille sur les aliments qui va du vert au rouge, et de la lettre A à la lettre E. Un marqueur de la qualité nutritionnelle : le vert c'est bon, le rouge pas tous les jours car gras, sucré, salé.  

Le nutriscore
Le nutriscore

Serge Hercberg est professeur de nutrition. Il a conçu le "nutriscore", il donc il est ravi de l'annonce d'Edouard Philippe : "Quant au plus haut sommet de l'État un engagement est pris pour rendre le "nutriscore" obligatoire, malgré les pressions des lobbies, on ne peut que se réjouir. C'est vraiment un outil de santé publique puisqu'il va renseigner le consommateur sur la qualité nutritionnelle des aliments et va lui permettre d'orienter ses choix vers des aliments plus sains, puisqu'il peut les comparer. Ce système fait également pression sur les industriels pour qu'ils modifient la qualité nutritionnelle des aliments, pour que leur offre soit moins riche en graisses, en sucre, en gras et en calories."

Pour rendre le "nutriscore" obligatoire, il faudra convaincre la Commission européenne

Un étiquetage qui reste facultatif car de grandes entreprises ne souhaitent pas forcement jouer la transparence.  "Nous défendrons [la démarche] auprès de la Commission européenne et de nos partenaires afin de rendre le "nutriscore" obligatoire, a annoncé Edouard Philippe.

Pour Serge Hercberg il faudra que France pèse de tout son poids. "La difficulté c'est qu'il y a un règlement européen qui bloque et qui bride les États, les empêchant de rendre obligatoire le "nutriscore". Encore aujourd'hui quelques grandes multinationales s'opposent au déploiement du "nutriscore" notamment au niveau européen. Des entreprises qui ne souhaitent pas montrer la réalité de la maigre qualité nutritionnelle de leurs produits, donc ils ne veulent pas fournir une transparence au consommateur, et qui ne souhaitent pas reformuler leurs produits de manière à améliorer la qualité nutritionnelle des aliments qu'ils fabriquent."

Le 20 mai, plusieurs associations de consommateurs européens ont lancé une initiative citoyenne européenne pour demander à la Commission européenne de rendre obligatoire cet étiquetage". "Si un millions de signatures sont enregistrées, la commission européenne sera obligée de revoir sa copie" explique Serge Hercberg. "Évidemment si la France pousse, ça accéléra les choses. L'autre solution c'est aussi que la France passe en force au nom de la santé publique pour rendre obligatoire le "nutriscore"pour la France. 

La France ira-t-elle jusque-là, en tout cas, la pétition lancée par des associations de consommateurs a déjà recueilli plus de 20 000 signatures.

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