Le réchauffement climatique, ce n'est pas seulement le dioxyde de carbone : le méthane, deuxième gaz à effet de serre lié aux activités humaines... Et notamment à l'élevage.

Trop nombreuses, les vaches émettent trop de méthane
Trop nombreuses, les vaches émettent trop de méthane © Maxppp / Christian Watier

Merci les vaches qui rotent ! La concentration de méthane dans l'atmosphère a fortement augmenté ces deux dernières années, selon un bilan international mené par 80 scientifiques dans 15 pays, publié ce lundi (dans le journal Earth System Science Data). Le méthane est un puissant gaz à effet de serre et selon ces chercheurs, cette menace est insuffisamment prise en compte dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Pourtant on devrait davantage se pencher sur ses courbes d'après Marielle Saunois, chercheuse à l'Université de Versailles Saint Quentin, l'une des auteurs de l'étude :

On constate une forte augmentation des concentrations de méthane dans l'atmosphère. Le méthane a commencé à augmenter de nouveau depuis 2007, mais ces deux dernières années la concentration augmente deux fois plus vite. Et il a un pouvoir de réchauffement 28 fois plus fort que le dioxyde de carbone.

Pour l'instant, les scientifiques ont des suspects mais pas de coupables. Parmi les hypothèses : l'exploitation du charbon en Chine, des gaz de schiste aux États-Unis, mais aussi l'agriculture.

Les émissions de méthane au niveau mondial
Les émissions de méthane au niveau mondial © Global Carbon Project

La hausse des émissions est notamment liée à des processus de fermentation : soit des émissions naturelles (dans les zones humides), soit des émissions liées à l'activité humaine (les décharges, les rizières et l'élevage, autrement dit l'éructation des vaches). Car contrairement à ce qu'on pense souvent, ce ne sont pas les pets des vaches (qui représente des émissions de méthane négligeables) mais bien leurs rots qui posent problèmes. Certains se demandent même s'il ne faudrait pas changer le régime alimentaire des vaches, pour les faire (un peu) moins roter. "Au niveau mondial, l'agriculture représente un tiers des émissions liées aux activités humaines", explique Marielle Saunois.

En revanche, elle ne cite pas, parmi les explications plausibles d’accélération de rejet de méthane dans l’atmosphère, le dégel du permafrost dû au réchauffement climatique.

Pour l'instant, c'est assez peu visible. Ce permafrost est "mélangé" avec des zones inondées régulières. C'est donc difficile de faire la part des choses entre ces zones qui existent depuis toujours et les nouvelles zones de permafrost dégelé.

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