Avec 18 missions réussies en 2017, SpaceX est désormais un concurrent très sérieux face à Arianespace. En attendant le nouveau lanceur du groupe européen, Falcon 9 joue la carte du low cost à défaut de celle, encore difficile à tenir, de la fiabilité.

Le lanceur Vega  à Kourou, en Guyane française, le 7 novembre 2017, transportant le satellite Mohammed VI, un satellite d'observation de la Terre en orbite pour le Royaume du Maroc.
Le lanceur Vega à Kourou, en Guyane française, le 7 novembre 2017, transportant le satellite Mohammed VI, un satellite d'observation de la Terre en orbite pour le Royaume du Maroc. © AFP / Handout / ARIANESPACE

Les Européens doivent-ils se réjouir de l'échec de la fusée Falcon, qui n'a pas réussi à mettre en orbite le satellite américain espion Zuma ? Le décollage s'était bien passé, dimanche 7 janvier, et le 1er étage de la fusée est bien revenu sur terre comme prévu. Mais entretemps, le lanceur de SpaceX n'a pas réussi à mettre sa charge en orbite.
 

Une nouvelle occasion, pour Arianespace, qui a réalisé l'an dernier 1,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, de faire valoir la qualité de son service. Un argument commercial massue. Le groupe européen a en effet signé 19 contrats en 2017, 6 de plus que l'année précédente, pour le lancement et la mise en orbite de 27 satellites. 

Arianespace insiste sur ses points forts, la fiabilité et la ponctualité, à l'aune des 82 succès enregistrés d'affilée avec Ariane 5 et 11 avec Vega. Et cela paie : l'année 2018 s'annonce intense, avec quelque 14 lancements prévus – des fusées Ariane 5 avec deux passagers à la fois, des Soyuz, et des Vega. 

Space X champion du lanceur réutilisable

En 2017 Space X a réalisé plus de lancements qu'Arianespace
En 2017 Space X a réalisé plus de lancements qu'Arianespace © Visactu / Visactu

En nombre de missions réussies, SpaceX a pourtant battu Arianespace en 2017 avec 18 lancements de Falcon 9 contre 11 lancements par le groupe européen. Le dernier échec en date de SpaceX remonte à septembre 2016, où un Falcon 9 s'était écrasé sur son pas de tir. Depuis, (le 1er étage de) Falcon 9 décolle et revient sur Terre sans encombre, ce qui fait désormais de Space X le spécialiste du spatial réutilisable.

Et ça n'est pas fini : Elon Musk a dévoilé les premières photos de son lanceur de 1 400 tonnes, le Falcon Heavy, dont le lancement-test est prévu le mois prochain.

L'Europe serait-elle plus fiable ? 

L'Europe fait valoir sa fiabilité et sa ponctualité de coucou suisse. Quatorze tirs, c'est moitié moins que ce qu'annonçait son grand concurrent Space X juste avant son échec de dimanche. L’enquête consécutive à la perte du satellite espion Zuma aura comme première conséquence la suspension des tirs des Falcon 9. Jusqu'à ce que l'incident soit compris.

De quoi se réjouir pour les Européens ? Le PDG d'Arianespace, Stéphane Israël, se garde bien de chanter victoire. 

Pour le patron d'Arianespace, ses succès doivent donner confiance à l'Europe, face à ses concurrents qui cassent les prix. En 2020, Ariane 6 promet de diviser par 2 le prix du kilogramme déposé en orbite. "Soit, lisait-on récemment dans un rapport de l'institut Montaigne, mais la  fusée n'est pas réutilisable." Le think tank doute de sa compétitivité. Stéphane Israël est au contraire optimiste. Pour  lui, la valeur du marché spatial entre 2020 et 2040 pourrait tripler. Il y aura donc des contrats à prendre. 

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