Exposition au Muséum de Toulouse du 16 octobre 2015 au 30 juin 2016

Muséum
Muséum © Muséum

Le Museum d'Histoire naturelle de Toulouse fête ses 150 ans (1865–2015) à travers une nouvelle exposition temporaire, Les Savanturiers , qui met à l’honneur les collections du Muséum et ceux, célèbres ou anonymes, qui ont contribué à constituer et enrichir ce formidable fonds patrimonial.

Navigateurs sur des océans peu fréquentés, explorateurs de territoires mal connus, collecteurs éclairés… ont assemblé des collections uniques d’objets, issues de l’autre bout du monde ou découvertes près de chez eux, qui ont établi les bases du Muséum .

Deuxième de France après le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris , le Muséum de Toulouse rassemble ainsi près de 2,5 millions d’objets accumulés au fil des temps par certains des plus grands scientifiques des siècles passés… ou de simples anonymes avisés.

Musée d'Histoire naturelle de Toulouse
Musée d'Histoire naturelle de Toulouse © MHNT

Certains de ces Savanturiers sont partis au bout du monde, mettant parfois leur vie en jeu, à la recherche de civilisations inconnues, d’autres ont oeuvré à l’échelle locale pour tenter de percer le mystère de notre propre histoire.

En emboîtant le pas de ces aventuriers d’hier et d’aujourd’hui, le Muséum propose un voyage à travers l’espace et le temps, au coeur de ses collections, au travers de leurs découvertes, pour apporter un nouveau regard sur l’histoire de l’Homme et de son environnement naturel, culturel, religieux…. Les objets sont présentés et abordés sous de multiples facettes, et sont détournés de leurs strictes valeurs scientifiques pour devenir un élément de décor, une oeuvre d’art ou le support d’un sujet d’actualité.

Philippe Picot de Lapeyrouse
Philippe Picot de Lapeyrouse © Museum d'Histoire naturel de Toulouse

Le visiteur croise ainsi l’éclaireur, l’un des plus grands naturalistes de son époque, Philippe Picot de Lapeyrouse (1744-1818), qui commencera à constituer des collections d’Histoire naturelle (minéraux, herbier) et obtiendra de Napoléon 1er la cession du site actuel du Muséum .

Il approchera ensuite les « savants » qui feront de Toulouse au XIXe siècle le centre des grands débats sur l’Homme qui secoueront le monde scientifique de l’époque : Édouard Filhol (1814-1883), fervent défenseur de l’Homme fossile ; Jean-Baptiste Noulet (1802 -1890), médecin, botaniste, géologue-paléontologue, préhistorien, l’un des premiers à soutenir l’existence de l’Homme antédiluvien.

Édouard Lartet (1801-1871), féru de paléontologie et de géologie, apporte quant à lui la preuve de la contemporanéité de l’homme et de certaines espèces disparues. Il participe à la controverse sur l’homme de Cro-Magnon découvert en Dordogne, propose la première classification des temps préhistoriques, jette les bases de la paléontologie humaine…

Émile Cartailhac (1845-1921), archéologue mondialement reconnu, sera appelé pour étudier les bisons peints de la grotte d’Altamira (Espagne), datés de 20 000 ans.

Gaston de Roquemaure l (1804-1878) explore le Pacifique, l’Asie, l’Océanie, l’ornithologue Victor Besaucèle (1847-1924) offre au Muséum près de 4 500 pièces étudiées, cataloguées et naturalisées…

Plus près de nous, le visiteur côtoiera Pierre Loti, dont le Muséum possède la collection d’objets d’Océanie et des carnets de voyage, ainsi que les paléontologues, entomologistes, zoologistes… qui continuent à enrichir sans cesse les collections avec des spécimens venus du monde entier.

Paroles d'Objet
Paroles d'Objet © MHNT Didier Descouens

L’objet, fascinant portrait de l’Autre

Dans un Muséum, chaque objet cache l’histoire d’hommes qui ne se sont jamais rencontrés, mais qui ont tous partagé pour lui un profond respect : celui qui l’a façonné ; celui qui est parti à sa recherche, l’a découvert, a cherché à percer ses secrets ; celui qui l’a traité pour assurer sa conservation…« Les Savanturiers » fait la part belle à ces objets uniques créés par leurs auteurs pour des raisons symboliques, spirituelles, artistiques, décoratives, ou tout simplement ludiques.

Les Savanturiers est ainsi beaucoup plus qu’une exposition

C’est l’occasion de partir à la rencontre d’hommes, du plus humble artiste de la préhistoire ou de contrées reculées, aux plus grands scientifiques des temps modernes. Et peut-être de changer notre regard sur l’Autre, que ce soient nos ancêtres directs ou les contemporains des civilisations lointaines.

Plongée dans un univers insolite

Devenu lui-même explorateur, le visiteur pénétre dans 7 espaces peuplés de quelque 150 objets insolites, inquiétants, fascinants. Il oublie petit à petit ses repères pour mieux se poser des questions sur les mondes passés, présents et à venir auxquels il est par nature rattaché.

  • La Cabine

Avant l’avènement de la télévision et à l’époque d’un cinéma encore balbutiant, la construction du mythe de l’Ailleurs s’exprime dans les expositions universelles et les musées. On y voit ce qui est encore inconnu en Occident. Pour donner corps à cet imaginaire et enrichir notre connaissance du monde, des scientifiques sont envoyés sur tous les continents par les grandes institutions publiques de l’époque. La cabine présente quelques uns de ces aventuriers dont les missions furent parfois menées dans des contextes périlleux.

  • La Conquête

Une large part des collections africaines et asiatiques du Muséum est en lien direct avec l’histoire coloniale française. Des grandes missions d’exploration scientifique à travers le monde à la conquête militaire proprement dite, l’évolution des modes de collecte interroge notre rapport à l’Autre.

  • La Galerie

Longtemps considérée comme dénuée de toute dimension esthétique, puis qualifiée d’art « primitif », « nègre » ou « premier », la création extra-européenne est désormais reconnue comme relevant de l’art dans toute son universalité. Cet espace évoque une véritable galerie d’art et vous place ainsi dans un rapport sensible à ces oeuvres.

  • La crypte

Les collections du Muséum recèlent de nombreux objets mystérieux, inquiétants ou fascinants. Cet espace regroupe ceux qui, par leur singularité ou leur différence, naviguent dans notre imaginaire. Il évoque le mythe du monstre dont l’âge d’or s’est exprimé non seulement dans les musées, mais aussi, notamment, dans la littérature ou au cinéma.

  • Le vaisseau

Le vaisseau préfigure le musée de demain à travers un voyage... dans le passé. Le développement de la technologie 3D permet en effet de reconstituer ce qui n’est plus avec un réalisme saisissant. Anticipant de futures applications toujours plus immersives dans des époques révolues, le vaisseau permet, à partir du squelette partiel d’un animal aujourd’hui disparu, de remonter le temps pour découvrir ce spécimen en chair et en os... et en vie.

  • Le Marché

L’enrichissement des collections n’est pas seulement le fruit de donations. Dès la deuxième moitié du XIXe siècle, des marchands se spécialisent dans le commerce d’objets, naturalistes ou ethnographiques, dont s’alimentent les musées.

  • L’oeil moderne

Cet espace invite le visiteur à s’interroger sur le rôle du musée aujourd’hui, à l’aune des évolutions scientifiques, idéologiques et géopolitiques de ces 150 dernières années. Il a vocation à rappeler que le Muséum n’est pas seulement un lieu d’exposition de vestiges passés, mais s’inscrit dans une politique d’acquisition dynamique, entretenant son rôle de carrefour des savoirs au coeur d’une société par ailleurs en constante évolution.

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