La secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, Brune Poirson, visite ce vendredi une usine de bonbons de Tourcoing (Nord) qui a banni de sa recette les nanoparticules de dioxyde de titane (E171). Et pour cause : la substance a été jugée cancérigène par une étude scientifique.

Des paquets de "Têtes brûlées" dans les rayons d'un supermarché, le 28 octobre 2016.
Des paquets de "Têtes brûlées" dans les rayons d'un supermarché, le 28 octobre 2016. © Maxppp / Jean-François FREY

Non, il n’y pas que du sucre dans les bonbons. Certains contiennent des nanoparticules de dioxyde de titane. Selon l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), l’additif, qui porte le nom alléchant de "E171", pourrait favoriser le cancer du côlon ou du rectum. Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique visite vendredi l’usine Verquin à Tourcoing, dans le Nord. Le confiseur fait partie de ceux qui ont banni le dioxyde de titane de leurs recettes après que l’association Agir pour l’environnement a largement diffusé l’étude de l’Inra. Il fabrique les célèbres "Têtes brûlées", dont les enfants raffolent. L’usine nordiste a vendu 8,3 millions de paquets en 2015 de ces bonbons très acides.

Cet ingrédient est toujours utilisé par d’autres fabricants pour ses propriétés de colorant blanc et d’opacifiant. Outre les bonbons, on le retrouve en nanoparticules dans certains "biscuits, chewing-gums ou produits chocolatés", écrit l’Inra dans son étude publiée en janvier 2017. Mais il fait aussi partie de la composition de certains dentifrices ou produits pharmaceutiques. 

Le dioxyde de titane "absorbé par l'intestin"

Les enfants sont les plus exposés "en raison d’une forte consommation de confiseries". En faisant des tests sur des rats, les scientifiques ont montré que le dioxyde de titane est "absorbé par l’intestin et passe dans la circulation sanguine". L’Inra estime que la substance "altère la réponse immunitaire intestinale" et que la forte consommation a des effets de "cancérogénèse colorectale".

Huit mois après la publication de l’étude, le gouvernement a demandé en septembre à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) de "finaliser à court terme les travaux" sur le dioxyde de titane. Ces données détaillées permettront de porter au niveau européen un dossier en vue de la "réévaluation de cette substance par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), et l’Agence européenne des produits chimiques (Echa)".

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