En termes simples, cela s'appelle une addiction. Et c'est l'une des rares études menées sur le sujet qui le montre, une étude britannique selon laquelle ces substances peuvent être plus nocives qu'on le pensait pour les pollinisateurs.

Les bourdons sont-ils accros au néonicotinoïdes ? Une étude montre que ces substances peuvent ainsi être plus nocives pour les pollinisateurs qu'on ne le pensait.
Les bourdons sont-ils accros au néonicotinoïdes ? Une étude montre que ces substances peuvent ainsi être plus nocives pour les pollinisateurs qu'on ne le pensait. © Radio France / Catherine Grain

Les chercheurs de l'Imperial college de Londres ont étudié l'attirance des insectes pour le Thiamethoxame, vendu sous le nom de Cruiser, un insecticide utilisé sur les cultures fleuries comme le Colza. Qui dit fleurs, dit nectar et donc nourriture pour les abeilles et les bourdons.  

Dans l'étude, menée en laboratoire, les chercheurs ont donc proposé aux bourdons trois solutions d'eau sucrée : deux avec différentes concentrations de l'insecticide, la troisième sans. Ils ont observé pendant 10 jours ce qui se passait. Au milieu de l'expérience, ils ont même interverti la place des mangeoires pour chambouler les bourdons. En dépit de ce piège, au fil des jours, les insectes sont allés de plus en plus souvent vers la solution au néonicotinoïde. 

L'attirance n'est pas totale, mais elle est de 27 % plus importante. Un effet addictif non négligeable qu'on pourrait un peu comparer à celui de la nicotine chez l'homme. Reste à en découvrir les mécanismes dans le cerveau ou les zones connexes. 

Cette découverte en laboratoire serait plus difficile à mesurer dans les champs. Néanmoins, si on la transposait, cela voudrait dire que les bourdons sont plus exposés aux cultures traitées. Ils ont donc plus de risques d'avoir des  troubles comportementaux, puisque c'est l'effet bien connu des néonicotinoïdes. 

Voilà qui ouvre une nouvelle question : a-t-on sous-estimé les effets de ces insecticides sur les pollinisateurs ?

Cinq néonicotinoïdes seront interdits en France à partir du samedi 1er septembre, mais avec des dérogations possibles, au cas par cas, pendant deux ans.

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