À l'occasion de l'ouverture ce vendredi du congrès Mondial du Cancer à Chicago, qui réunit jusqu'au 5 juin les plus grands spécialistes, gros plan sur la révolution thérapeutique qui va sans doute transformer dans les années à venir la prise en charge des cancers comme les leucémies, les lymphomes et les myélomes.

La car-t-cells, la révolution thérapeutique qui va faire du bruit
La car-t-cells, la révolution thérapeutique qui va faire du bruit © AFP / Science Photo Library / JGT / Juan Gaertner / Science Photo Libr

La technique consiste à injecter au patient ses propres cellules immunitaires, préalablement modifiées génétiquement en laboratoire pour en faire des "tueuses de cancer" les premières études montrent des résultats très impressionnants. Aux États Unis, la puissante association américaine de cancérologie ASCO (American Society of Clinical Oncology) parle de "découverte de l'année".

Ça fait neuf mois qu'Ouroukia, 19 ans, se bat contre une leucémie aiguë lymphoblastique. Le diagnostic est tombé en septembre dernier. On a tenté depuis, plusieurs traitements, en vain. Le cancer est toujours là. La jeune fille place donc tout son espoir aujourd'hui dans cette nouvelle technique : "C'est la seule façon de me guérir, j'y crois vraiment. Ça fait plus de neuf mois que je suis là-dedans et je commence à voir le bout donc j'ai hâte."

Première étape, en février dernier, on a prélevé à Oroukia des lymphocytes : "On m'a filtré 12 litres de sang pour me prélever à peu près 200 millilitres de poche avec un concentré de lymphocytes." 

Transformés  en laboratoire, ces lymphocytes ont été génétiquement modifiés pour devenir capables de reconnaitre les cellules cancéreuses et s'y attaquer. Ils devaient être réinjectés cette semaine à Oroukia : "Je connais une jeune fille qui est sortie au bout de 2 semaines à peu près, après l'injection. Ça s'est très bien passé pour elle, du coup j'espère que ça sera la même chose." 

À l'hôpital Saint-Louis, à Paris, l'équipe soignante est confiante, les résultats obtenus jusqu'à présent sont très encourageants, le professeur Nicolas Boissel dirige le service des 15 - 25 ans : 

On sait que chez ces patients qui n'avaient aucune chance de guérison on va observer peut-être 25 à 50% de patients qui sont finalement débarrassés de leur maladie

Après l'injection des cellules tueuses, les patients sont particulièrement surveillés car les effets secondaires peuvent être sévères. À terme, la technique pourrait être utilisée de plus en plus tôt dans la maladie, le défi sera aussi de raccourcir les délais de fabrication des cellules transformées. Aujourd'hui il faut compter deux à trois mois. C'est trop long, certains patients ne peuvent pas attendre.

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