C'est un sondage IFOP publié ce matin dans La Croix qui le dit : les mœurs évoluent en France. Concernant notamment le recours à une mère porteuse et l'insémination artificielle pour les couples de femmes homosexuelles.

GPA et PMA semblent remporter une adhésion grandissante.
GPA et PMA semblent remporter une adhésion grandissante. © AFP / Citizenside / CrowdSpark / Pascal Vandon

64 % des français seraient désormais favorables au recours à une mère porteuse et 60 % au fait que les couples de femmes homosexuelles puissent bénéficier d'une insémination artificielle.

Alors que s'ouvriront les états généraux de la bioéthique le 18 janvier prochain, ces pratiques polémiques semblent bien remporter une adhésion grandissante. L'adhésion devient même très majoritaire, ce qui n'était pas le cas il n'y a pas si longtemps.

Au début des années 90, moins d'un quart des Français était favorable à la PMA pour les couples de femmes. Il y a quatre ans, on atteignait les 50 %. À 60 % aujourd'hui, on peut dire que l'adhésion est nette. 

Au fil des ans, les français ont évolué par paliers  explique Jérôme Fourquet. Il dirige le département opinion à l'IFOP : "Chaque vote d'une loi entraîne une adhésion supplémentaire sur la revendication suivante : le vote du PACS a été suivi d'une progression de l'adhésion au droit au mariage pour les couples homosexuels. De la même manière le vote sur le mariage pour tous s'est traduit par une progression de l'adhésion à la PMA pour les femmes homosexuelles."

Idem pour la GPA : "c'était minoritaire il y a dix ans. Une large majorité y était opposée." rappelle Jérôme Fourquet.

Le changement de regard sur l'homosexualité, la poussée de l'individualisme, la moindre influence de la religion et de ses cadres moraux expliquent en partie ces changements. 

Évidemment les plus jeunes affichent une adhésion plus marquée : 75 % des moins de 35 ans soutiennent la GPA, contre seulement 42 % des plus de 65 ans.

L'adhésion évolue également chez les catholiques pratiquants, explique Jerome Fourquet : "pour ce qui est de l'ouverture de la PMA il y a qu'un tiers des catholiques pratiquants qui y est favorable, mais là aussi on voit que les curseurs ont un peu bougé ces dernières années". 

Même constat sur la fin de vie euthanasie et le suicide assisté qui sont désormais soutenus, d'après le sondage, par 89 % des Français. Un peu moins : 72 % chez les catholiques pratiquants.

Sondage IFOP réalisé sur 1 000 personnes de plus de 18 ans du 8 au 11 décembre 2017 

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