Les pompiers américains ont été victimes de la fin de la neutralité du net, dispositif critiqué d'un internet à la carte. En juillet, alors qu'ils combattaient les flammes du plus important incendie récent de Californie, ils ont vu leurs transmissions retardées au motif qu'ils avaient dépassé leur forfait.

Les pompiers de Californie ont dû utiliser leurs téléphones personnels pour ne pas perdre un temps précieux.
Les pompiers de Californie ont dû utiliser leurs téléphones personnels pour ne pas perdre un temps précieux. © AFP / Mark RALSTON

C'est une erreur qui ravive les critiques sur la fin de la neutralité du net. Aux États-Unis, jusqu'en décembre dernier, les utilisateurs bénéficiaient tous de la même qualité de débit, mais depuis, l'accès internet est ralenti pour inciter les consommateurs à souscrire à de plus gros forfaits.

Le mois dernier, alors que les pompiers de Californie luttaient jour et nuit contre le plus vaste incendie qu'a connu l'État américain dans son histoire moderne, ils ont rencontré des difficultés pour communiquer entre équipes.

En cause, les connexions internet entre les appareils de communication, drastiquement et soudainement ralenties, alors qu'elles sont pourtant essentielles dans le travail des pompiers.

"La vitesse que notre plan aurait permis était réduite à un 200e de la vitesse maximale de cette connexion Internet" raconte le capitaine Bill Murphy du département des pompiers de Santa Clara, présent sur place à ce moment-là, ce qui signifie que le débit avait perdu 98 % de sa puissance.

Excuses de l'opérateur telecom des pompiers

Alors que le moindre retard dans les communications pouvait avoir des conséquences dramatiques, les pompiers ont contacté Verizon, l'opérateur telecom du service, qui leur a suggéré de souscrire à y un abonnement plus cher, puisque le département des pompiers avait dépassé son utilisation de données internet.

Verizon a admis dans un communiqué mercredi avoir fait une erreur, levant normalement les restrictions d'utilisation de données en cas d'urgence. "C'était une erreur de service client. Nous examinons la situation et corrigerons tout problème à venir", ajoute le texte.

Mais cette erreur ravive les craintes des partisans de la neutralité du net. "Sans elle, décrypte le journaliste Olivier Tesquet, les opérateurs comptent sur le marché pour se réguler lui-même." Mais cette régulation comporte un biais dès que la situation devient exceptionnelle : "C'est un danger démocratique et un danger économique également."

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