Une équipe de chercheurs de l'INRA a découvert, pour la première fois chez des perroquets, qu'ils sont capables, comme les humains, de rougir. Les sujets étudiés, des perroquets ara, possèdent une tête dépourvue de plumes qui change de couleur pour exprimer une émotion positive.

Un perroquet ara
Un perroquet ara © AFP / VIRGINIE LEFOUR / BELGA MAG

Certains oiseaux gonflent leurs plumes, font dresser leur crête ou, comme le paon, font la roue. Des comportements animaliers bien connus des éthologues, les scientifiques spécialisés dans l'étude du comportement animal, qui sont utilisés pour communiquer, en particulier lors des parades de séduction.

Pour les oiseaux, les plus sont un outil de communication visuelle, comme chez l'humain qui va s'apprêter avec soin pour se faire remarquer.

Chez les Aras, grands perroquets amazoniens connus pour leurs plumes aux couleurs chatoyantes, faites de rouge, de vert et de bleu et menacés d'extinction, les chercheurs de l'INRA ont découvert qu'ils avaient aussi la capacité de rougir.

Signe d'une émotion positive, l'Ara se met à rosir sur la face, les joues et au-dessus du bec
Signe d'une émotion positive, l'Ara se met à rosir sur la face, les joues et au-dessus du bec / Arielle Beraud

Le rougissement était considéré comme propre à l'Humain depuis Darwin

C'est le constat fait par l'équipe d'Aline Bertin, qui a travaillé avec des résidents du Parc de Beauval. "Nous avons observé trois zones particulières où des petites lignes de plumes noires peuvent se dresser de manière indépendante sur la nuque, la calotte au-dessus du la tête et sur les joues. On a aussi des changements de couleur de la peau qui est initialement blanche et dénudée de plumes."

De façon surprenante, les perroquets rossissent, pour être exact. Cela signifie que la face est momentanément plus vascularisée, un changement notable sur les photographies capturées par les scientifiques. 

Et en même temps qu'ils rougissent, ils ébouriffent les plumes de leur cou pour faire une couronne autour de la tête, signe d'une émotion positive estiment les chercheurs.

"Ces changements vont être observés dans un contexte où les oiseaux sont au repos ou lorsqu'ils veulent exprimer une émotion à leurs congénères" explique Aline Bertin qui a mis en place un processus avec les soigneurs démontrant une réaction émotive lorsqu'ils s'adressent aux volatiles.

Jusqu'alors, on considérait le rougissement comme propre à l'Homme, et ceux depuis Darwin. Cette découverte chez les perroquets pourrait de développer de nouvelles connaissances en matière de communication animale, tant l'interaction entre l'homme et ces volatiles est importante, d'autant plus que l'on connaît encore mal l'étendue de la sensibilité des oiseaux aux émotions. "Si l'on peut très bien décrire le stress chez tous les animaux, les émotions positives sont plus difficiles à caractériser."

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