Les tiques sont particulièrement actives au printemps et en automne dans les forêts ou jardins. Une simple piqûre peut entraîner la transmission de la bactérie responsable de la maladie de Lyme, la plus connue. Mais il peut y en avoir d’autres. Les scientifiques y travaillent et ont besoin de vous.

 Accumulation de tiques pouvant transmettre la maladie de Lyme à Mulhouse, le 6 Mai 2014.
Accumulation de tiques pouvant transmettre la maladie de Lyme à Mulhouse, le 6 Mai 2014. © Maxppp / Jean Francois Frey

La maladie de Lyme ne serait pas la seule maladie transmise par les tiques. Ces petites bêtes, très présentes en cette saison, font partie de la famille des acariens. Elles peuvent être à l'origine d'autres maladies que les chercheurs eux-mêmes estiment mal connaître. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié lundi un appel à la vigilance.

Avec l’arrivée des beaux jours, l'Anses conseille d'adopter quelques réflexes avant d'aller se promener en forêt ou au jardin. Il faut d’abord porter "des chaussures fermées et des vêtements couvrants", et "s’inspecter" une fois de retour à la maison. En cas de piqûre, il faut utiliser un "tire-tique" pour retirer la tique, préconise l'Anses et non pas de "l’ether ou autre produit", comme le conseillaient parfois nos grand-mères. 

D'autres maladies

La principale maladie transmise par les tiques en France est la maladie de Lyme. Si il y a un infection, un "érythème migrant" apparaît autour de la piqûre. Il s’agit d’un cercle rouge. Dans ce cas, une consultation médicale est obligatoire. Il faut un traitement antibiotique pour "enrayer la maladie", selon l’Anses. Sans prise en charge, "la maladie de Lyme peut provoquer des atteintes cutanées, musculaires, neurologiques et articulaires pouvant être très invalidantes".

En plus de Lyme, les tiques peuvent porter et transmettre tout un tas d'autres micro-organismes : des virus, des bactéries, des parasites... Certains sont connus, d'autres moins voire carrément pas du tout. Sont-ils à l'origine de maladies chez l'homme ? Sont-ils à l’origine de troubles que la médecine ne sait pas diagnostiquer ? 

L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a lancé une étude pilote pour en savoir plus. Elle va porter sur une centaine de patients, adressés par des hôpitaux et qui devront avoir conservé ou photographié la tique qui les a piqués. Des personnes ont "des signes cliniques mais restent seronégatives, explique Muriel Vayssier, spécialiste des maladies transmises à l'Inra. Pour l’instant, nous n’avons pas trop de recul donc c’est le but des études que l’on mène."

Une application pour signaler des tiques 

En juillet, l'institut a également mis au point une application pour smartphone. Elle s’appelle "signalement-tique". Les personnes piquées par une tique pourront le signaler sur cette plateforme. A ce jour, 5 000 signalements ont déjà été enregistrés. "On en a beaucoup en Bretagne alors qu’il y a assez peu de maladie de Lyme déclarée, explique Jean-François Cosson, directeur de recherche à l'Inra. Est-ce sous-estimé ? Ou est-ce que les tiques bretonnes ne portent pas la maladie ? Il va falloir interpréter tout cela."

Pour une démarche pleinement scientifique, l'application demande à ses utilisateurs d'envoyer la tique piqueuse par courrier, sur une feuille collée avec de l'adhésif.

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