Des voitures autonomes sillonnent les rues de Lyon mais aussi de Sion, en Suisse ou Perth en Australie, avec une priorité pour les constructeurs : la sécurité. Lundi, une femme est morte aux États-Unis percutée par un véhicule Uber sans conducteur. Un décès qui ne freinera pas le développement de ces voitures du futur.

Flotte de véhicules autonomes Uber à Pittsburgh, Pennsylvanie
Flotte de véhicules autonomes Uber à Pittsburgh, Pennsylvanie © AFP / ANGELO MERENDINO / AFP

Monter à bord d'une voiture qui se conduit toute seule est déjà possible. Le succès est même au rendez-vous pour la société française Navya, qui commercialise des "shuttles" autonomes. Ces minibus, électriques, sont en service dans 65 villes de la planète. A Lyon, 24 000 personnes ont pris place en 2017 dans ce petit transport public qui assure un trajet d'un peu plus d'un kilomètre dans le tout nouveau quartier Confluence.

"Les demandes viennent du monde entier et elles arrivent toutes les semaines", explique Diego Isaac, responsable marketing et communication chez Navya. L'entreprise française a vendu ses véhicules à la ville de Sion en Suisse, mais aussi à une université à Singapour ou à un aéroport en Nouvelle-Zélande. 

Navette autonome Navya à Lyon
Navette autonome Navya à Lyon © Maxppp / FREDERIC CHAMBERT

Comme dans tous les marchés de l'automobile, l'accident est une possibilité.

Ces voitures peuvent circuler sur un site privé comme à l'université du Michigan mais aussi au milieu d'une circulation classique. "A Lyon, la navette évolue en zone piétonne, à Perth en Australie, le véhicule roule au sein d'une circulation mixte, précise Diego Isaac. Les accidents sont rares et dans la très grande majorité des cas, la véhicule autonome n'est pas responsable. (...) Comme dans tous les marchés de l'automobile, l'accident est une possibilité."

Ce cadre de Navya ne commentera pas davantage l'incident survenu lundi à Tempe en Arizona. La société Uber est dans la tourmente après le décès d'une femme percutée par une voiture sans chauffeur. "Ça confirme l'importance de la sécurité", ajoute Diego Isaac. L'entreprise américaine de VTC a interrompu ses tests dans les autres villes du pays.

Un concentré de technologie

Pour le moment, les véhicules produits par Navya circulent dans une zone géographique connue. Ils roulent le long d'un rail imaginaire, cartographié à l'avance et suivi grâce au système GPS. Les minibus sont équipés d'un très grand nombre de capteurs et de caméras pour détecter un obstacle fixe. Ils peuvent aussi s'adapter à un obstacle en mouvement et réagir très rapidement en cas de changement de trajectoire.

La présence d'un opérateur reste obligatoire à l'intérieur des voitures autonomes. La loi n'autorise toujours pas un véhicule à circuler sans la présence d'un être humain à bord. "L’action humaine reste indispensable, notamment pour effectuer de grands contournements, explique Diego Isaac, mais nous sommes travaillons sur des mises à jour de l'ordinateur de nos véhicules pour qu'ils puissent effectuer d'importants changements de direction tout seul."

Les grands noms de l'automobile sont sur le pont

Avec un marché estimé à 515 milliards de dollars d'ici à 2035, les principaux constructeurs automobiles se sont lancés dans la course. Renault a mis à l'essai sa Renault Zoé sans conducteur dans les rues de Rouen. PSA effectue des tests depuis plusieurs années sur un C4 Picasso. Le groupe Peugeot-Citroën a déjà effectué des milliers de kilomètres en Europe et sur les routes de Singapour. Le véhicule a même réussi le passage avec brio d'un péage en juillet dernier. 

La société Navya se prépare elle aussi à lancer une voiture autonome sur le modèle d'un taxi. Le projet CAB a été présenté le 7 novembre dernier à la Cité du Cinéma à Saint-Denis. Ce premier robot-taxi français sera mis en circulation sur les routes lyonnaises et parisiennes d'ici la fin de l'année.

l'Autonom CAB de Navya au salon de l'auto de Genève
l'Autonom CAB de Navya au salon de l'auto de Genève © Maxppp / CYRIL ZINGARO
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