Avec le riz et le maïs, le blé est l'un des trois aliments de base qui nourrit les habitants de la planète. L'été dernier, après 13 ans de travail, les 100 000 gènes du blé (cinq fois plus que l'homme) ont été séquencés. Mais une nouvelle étude fait encore progresser la connaissance.

Le blé à été "domestiqué" au Néolithique entre Israël et l'Irak
Le blé à été "domestiqué" au Néolithique entre Israël et l'Irak © Radio France / Philippe Renaud

Le séquençage des gènes du blé était déjà une avancée majeure pour permettre de sélectionner des caractères intéressants de la plante pour résister au dérèglement climatique ou pour limiter les pesticides par exemple. Mais la comparaison de 480 variétés de blé permet maintenant d'en retracer l'histoire depuis 10 000 ans : à la fois l'histoire des migrations et les évolutions géopolitiques du monde.

Le blé d'aujourd'hui, c'est 10 000 ans d'histoire

Quand les hommes du Néolithique domestiquent la plante sauvage, elle se trouve dans le croissant fertile, entre Israël et l'Irak.  

Une première migration a lieu. Un groupe part vers l'Europe, l'autre vers l'Asie. Gilles Charmet, chercheur à l'INRA et coordinateur du projet européen Whealbi sur 480 variétés de blé explique qu'à l'époque les fermiers néolithiques ont apporté leur blé avec eux ,"puis ce blé s'est différencié au fur et à mesure que les fermiers s'établissaient dans de nouveau territoire, car il y avait relativement peu d'échanges."

C'est ainsi que se créent deux communautés distinctes : les blés d'Europe de l'ouest et ceux d'Europe de l'Est regroupant les pays membres du pacte de Varsovie pendant la guerre froide. 

Les génomes révèlent que le brassage reprend à la chute du Mur 

La révolution verte d'après la guerre se lit aussi dans les gènes. Il faut alors nourrir la population : les tiges raccourcissent pour faciliter la moisson mécanisée et l'épi carré, très fourni en grain, est savamment sélectionné. 

Aujourd'hui, c'est le changement climatique qui pousse à chercher des caractères précis. Gilles Charmet explique que les hivers sont plus doux "donc la floraison est plus précoce. Mais les gelées tardives n'ont pas disparu pour autant. Donc il faudrait sélectionner des blés qui soient capable d'accumuler de la matière sèche pendant l'hiver - parce que ça c'est bon pour le rendement - mais sans avoir une montaison, c'est-à-dire une épiaison trop précoce, qui exposerait les épis au gel."

L'autre défi, c'est la résistance aux maladies. La diminution des pesticides passe par la sélection génétique.

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