Comme d'autres pays européens, la France a retrouvé des traces de Covid-19 dans un élevage de visons, en Eure-et-Loir. 1000 bêtes ont du être abattues. "Oui, malheureusement pour ces animaux, il fallait abattre cet élevage par principe de précaution élémentaire, dit le député et vétérinaire Loïck Dombreval.

Les visons d'un élevage d'Eure-et-Loir ont dû être abattus comme ceux du Danemark (photo) après la découverte de cas de Covid-19
Les visons d'un élevage d'Eure-et-Loir ont dû être abattus comme ceux du Danemark (photo) après la découverte de cas de Covid-19 © Maxppp / Mads Claus Rasmussen/EPA/Newscom

La France compte quatre élevages de visons. L'un d'eux ne possède aucune bête infectée. Les résultats de tests sont attendus pour deux autres. Le quatrième, lui, a présenté des traces de coronavirus et toutes les bêtes, soit environ 1000 visons, ont dû être abattues. Le vison est élevé pour sa fourrure dans l'industrie de l'habillement. 

Ce petit animal peut contracter la maladie mais aussi réinfecter l'être humain. Il est la seule espèce connue à ce jour à l'origine de contaminations inter-espèces, en l'occurrence vers l'homme et le chat.

La Covid-19 en cause dans des élevages de visons, des affaires similaires étaient apparues à l'étranger ces dernières semaines et elles méritent attention. 

Loïck Dombreval est vétérinaire, député LREM et président du groupe "condition animale" à l'Assemblée Nationale. Il était l'invité du journal de 13 heures de Bruno Duvic. 

FRANCE INTER : Pensez-vous qu'il était nécessaire d'abattre tout cet élevage d'Eure-et-Loir ? 

LOÏCK DOMBREVAL : "Oui, malheureusement pour ces animaux, il fallait abattre cet élevage par principe de précaution élémentaire. De toute manière, ces visons sont abattus chaque année pour en faire des manteaux de fourrure. Si en plus, il y a risque de transmission du coronavirus à l'homme, il n'y a plus de questions à se poser". 

Ce phénomène de transmission à l'homme est connu...

"Les visons font partie d'une famille d'animaux qui s'appelle les mustélidés qui ont exactement le même récepteur que nous au coronavirus dans leurs cavités nasales. Donc, la transmission animal-homme et homme-animal est avérée. Ça a été le cas en Hollande où les Hollandais ont abattu massivement leurs visons et plus récemment au Danemark. C'est indéniablement un vrai problème de santé publique" 

Et l'exemple du Danemark montre aussi que le virus peut muter une fois dans l'organisme des visons ? 

"Oui, en plus on a des visons entassés les uns sur les autres, les conditions d'élevage de ces animaux sont indignes. D'ailleurs je me battais pour l'arrêt de ces élevages bien avant l'apparition du coronavirus. Ils sont entassés, se transmettent le virus très rapidement, ce virus se multiplie et parfois mute. Et quand il a muté, parfois il est retransmis du vison à l'humain. Voilà pourquoi les Danois, premier producteur mondial, ont abattu des millions de visons.  

Et s'il mute, il y a risque que les vaccins développés ne fonctionnent pas. Un autre animal pose question, c'est le furet, qui, lui, est un animal de compagnie. Il y en a près de 60 000 en France. 

"Oui, le furet est de la même famille des mustélidés, c'est un animal de compagnie assez répandu en France. C'est un animal très sympathique, mais il faut faire attention, voir son vétérinaire, et ne pas coller son visage sur le ventre de son furet. Il n'y a pas de panique à avoir, mais il faut maintenir avec son furet une petite distance". 

L'état de la science est-il arrêté sur le risque de transmission de l'animal à l'humain, notamment les chiens et les chats? 

"Oui, sur ce point-là, des avis rendus par l'Anses indiquent que si le chat peut être porteur sain du coronavirus, les risques de transmission du chat à l'humain sont très très rares.  Pareil pour le chien. Mais là encore on n'est pas obligé de se coller à la truffe de son chat ou de son chien.