L'idée fait son chemin chez les chercheurs car, chaque année, 500 000 personnes meurent dans le monde à cause de ce parasite transmis par l'insecte quand il pique l'homme.

Grâce aux ciseaux moléculaires, il est possible désormais de couper l'ADN du anophele gambiae à un endroit précis et de le réparer ou de le modifier.
Grâce aux ciseaux moléculaires, il est possible désormais de couper l'ADN du anophele gambiae à un endroit précis et de le réparer ou de le modifier. © AFP / CDC-GATHANY / Phanie

L'Afrique subsaharienne enregistre 90 % des cas de paludisme dans le monde et 92 % des décès dus à cette maladie, qui se propage par des moustiques infectés. Des résistances aux médicaments antipaludéens progressent en Asie et menacent d’apparaître en Afrique, comme les résistances des moustiques aux insecticides.

Plusieurs essais de modifications génétiques des moustiques ont déjà été tentés, notamment sur des îles, afin de limiter l'épandage d'insecticides.  

Parmi les techniques en vogue, les ciseaux génétiques - le fameux "crispr-cas 9"- viennent encore de montrer leur efficacité grâce à une équipe de Strasbourg.

Un outil puissant

Grâce aux ciseaux moléculaires, il est possible désormais de  couper l'ADN à un endroit précis et de le réparer ou de le modifier. Après des essais réussis sur le moustique responsable de Zika ou du chikungunya, c'est maintenant sur Anophele Gambiae, principal vecteur du paludisme en Afrique, que la technique a montré son intérêt explique Sandrine Blandin, responsable du groupe de chercheurs impliqués à l'université de Strasbourg : "Nous avons développé les outils et ce sont des collègues américains qui ont utilisé ces outils pour casser un gène qui s'appelle FREP1 qui est un gène essentiel pour le développement du parasite. Donc si on le casse le parasite se développe moins bien dans le moustique et le moustique transmet moins bien le parasite et la maladie".

Publié dans Plos pathogens, cette étude ne peut être directement testée sur le terrain. Notamment parce que le génome de ce moustique est plus difficile que d'autres à manipuler. Et qu'une fois modifié, anophele gambiae se reproduit moins bien et vit moins longtemps. En revanche, il y a eu des essais réussis par le passé, explique Sandrine Blandin : "ça a été couronné de succès dans les îles Caïmans où on a éliminé la population de moustiques vecteurs de la dengue. C'est un vrai bénéfice pour la population locale, mais il ne faut pas oublier que les risques ne sont pas négligeables. Il faut réfléchir à ces risques et les envisager tous."

Il faut notamment veiller à l'équilibre écologique, l'impact sur d'autres espèces de ces moustiques génétiquement modifiés.

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