Comme chaque année depuis 2014, des doctorants se donnent trois minutes pour résumer le travail de plusieurs années sur leur thèse. Mais pour les lauréats, ça mène à quoi ?

Ma thèse en 180 secondes
Ma thèse en 180 secondes © Radio France / RF

Les gagnant.e.s de "Ma thèse en 180 secondes" sont cette année Sabrina Fadloun de Grenoble, Davina Desplan de l'université Paris Seine et Olivier Chabrol d'Aix-Marseille. Mais après, que se passe-t-il pour eux ? Quel est, pour les lauréats de ce concours annuel, la récompense de l'excellence dans un exercice de prise de parole en public et de vulgarisation scientifique ?

Organisé par la Conférence des présidents d’université (CPU) et le CNRS, ce concours met en concurrence les jeunes ou futurs doctorant.e.s de 27 regroupements universitaires (200 établissements) depuis 2014. Chaque année, une finale internationale rassemble les lauréats nationaux. Cet automne, ce sera à Liège, en Belgique.

Trouver un poste dans le public ou le privé ?

D'une manière générale, le concours MT180 ne fait pas de miracle. Emilie Smondack, responsable de l'évènementiel au CNRS, explique :

En organisant ce concours, ce que nous visons, c'est surtout de le faire connaître et de montrer au monde de l'entreprises de quoi sont capables les chercheurs.

Les diplômé.e.s font face à un taux de chômage de 14% dans les cinq ans qui suivent la fin de leurs études. Il faut regarder leur évolution de carrière à long terme pour s'apercevoir qu'ils finissent par obtenir un meilleur taux d'emploi et des salaires plus élevés.

Le CNRS les intègre dans le jury de l'année suivante pour le MT180, ce qui ne fait pas une carrière. Le premier prix est doté de 1 500 euros, le deuxième de 1 000 euros, le troisième de 750 euros et le prix du public 500 euros.

Ils sont aussi sollicités pour participer dans leurs régions à des forums de chercheurs. Certains ont le goût et le temps d'y participer, d'autres sont trop absorbés par leur travaux.

Elle a changé de carrière

Prix du public du concours 2014, Marie-Charlotte Morin s'est distinguée par son jeu de scène en racontant l'histoire de la cellule rectale du ver qui devient neurone. C'était l'objet de sa thèse, c'est devenu l'objet d'un one woman-show. Désormais, Marie-Charlotte est sur les planches pour s'en donner à cœur-joie sur la théorie de l'évolution. Elle profite de ses talents de comédienne pour remettre les pendules de la science à l'heure dans l'esprit du grand public. Elle a arrêté sa carrière scientifique.

A quelques heures du concours 2017, le CNRS a organisé avec elle une rencontre sur la médiation scientifique.

Ils continuent de chercher

L’homme qui disait que la supraconductivité était la voie de l’amour

Alexandre Artaud, 1er prix du jury en 2015, expliquait que la supraconductivité était la voie de l’amour. Une belle image pour en arriver à exposer sa thèse sur la "Spectroscopie tunnel à très basse température de graphène sur rhénium supraconducteur". Il poursuit un post-doctorat de science physique en Allemagne. Désormais, il étudie le magnétisme des molécules et leur caractère quantique. Rien à voir avec sa thèse.

L’homme qui voulait nous sauver des maladies cardiovasculaires avec des souris transgéniques

Mathieu Buonafine, premier prix du jury en 2016, s’est fait remarquer par sa capacité à raconter des histoires. Il exposait ses recherches sur les maladies cardiovasculaires. Il est en deuxième année de thèse de recherche biomédicale sur le récepteur M (pour minéralcorticoïde), comme il l'avait appelé lors de sa présentation. Pour lui, l'histoire continue, la recherche aussi, et il espère trouver un traitement médical. Parallèlement, il poursuit un cursus au Collège des ingénieurs. Il souhaite entrer dans le monde de l’industrie.

Elle cherche toujours et a monté une chaîne Youtube

Pauline Maisonnasse a remporté les prix du jury et du public à la finale de "Ma Thèse en 180 secondes" pour l'Université Paris-Saclay. Elle est docteur en biologie. Désormais, en plus de son travail de chercheuse, elle anime avec quelques amis la chaîne Youtube "Un peu pointu".

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