Une grande partie des débris plastiques déversés dans les océans manquent à l’appel. C’est la conclusion d’une nouvelle étude, publiée hier dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences , et compilant des résultats obtenus grâce à l’expédition Malaspina menée en 2010.

Plastiques dans l'océan
Plastiques dans l'océan © Norbert Wu/Minden Pictures/Corbis

En analysant 3070 échantillons d’eaux de surface des océans collectés partout dans le monde, les chercheurs ont constaté que les débris plastiques sont présents dans 88% d’entre eux . Un niveau d’occurrence très fort donc, avec des concentrations variables allant de 0 à 2500 grammes par km². Les mesures confirment également l’accumulation des déchets dans les 5 gyres subtropicaux , ces gigantesques tourbillons d’eau qui concentrent les plastiques des océans.

Les chercheurs font un constat alarmant : en comparaison des quantités évaluées de plastiques déversés dans les eaux océaniques, on ne retrouve qu’une partie de ces déchets dans les mesures de surface. Ce qui pourrait signifier que soit les particules de plastiques sont dégradées trop vite pour être mesurées lorsqu’elles passent sous une certaine taille, soit que des phénomènes conduisent ces particules fines à plonger dans le fond des océans.

Dans les années 1970, la US National Academy of Sciences estimait que 45000 tonnes de plastiques étaient déversées chaque année dans les océans à l’échelle mondiale, ce qui équivalait à 0,1% de la production mondiale. Depuis, cette production annuelle a été multipliée par 5, passant à 265 millions de tonnes. A partir de ces chiffres, qui doivent être considérés avec précaution, les scientifiques estiment que la quantité de plastiques rejetés dans les océans depuis les années 1970 est 100 fois plus importante que celle évaluée actuellement au niveau des surfaces océaniques.

Les chiffres avancés dans l’étude estiment que les quantités de plastiques dans les eaux de surface se situent entre 7000 et 35000 tonnes.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce résultat. Selon les chercheurs, ce « déficit » observé en déchets plastiques serait dû à une plongée des débris plus en profondeur. Un phénomène qui pourrait être entraîné par quatre facteurs : des dépôts côtiers, la nano-fragmentation, l’ingestion par des organismes ou le biofouling (fixation par les organismes vivants).

Les auteurs de l’étude précisent cependant que leur résultat pourrait être biaisé , du moins en partie. Il est possible que les fragments les plus petits des plastiques soient rapidement dégradés en particules de moins de 200 micromètres, n’autorisant plus alors leur détection par les filets utilisés dans les échantillonnages.

A l’heure actuelle, les mesures de nanoparticules de plastiques dans les profondeurs océaniques sont rares ou inexistantes. Mais certaines observations suggèrent la présence de microparticules de plastiques dans les sédiments profonds.

Un fait qui souligne l’urgence d’agir, selon les auteurs de l’étude, pour identifier par quelles voies ces plastiques disparaissent et comment ils contaminent l’environnement.

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